lundi 10 juillet 2017

Une semaine d'éducation sexuelle sur Twitter

La semaine dernière, j'étais l'intervenante de la semaine sur le compte Twitter "Parlons Sexe" @SexeParlons, une expérience intéressante où j'ai pu partager mon expérience et repartager celui d'autres personnes. Parfois les sujets étaient relativement sensibles/personnels et donc en parler était carrément énergivore, je voyais flou en relevant les yeux de mon téléphone. Et parfois c'était juste drôle !

En tout cas je ne regrette pas du tout cette expérience sur réseaux sociaux. Et pour ne pas perdre les grosses séries de tweets de cette semaine, je me suis dit que j'allais les répertorier ici, pour y avoir accès facilement.  

Vous pouvez aussi me retrouver sur mon compte Twitter perso : @Safianechka ou mon curiouscat : @Sorciere.
Liste des Threads et Sondages de la semaine :
Thread : Puberté/adolescence #
Sondage : Quand/comment avez-vous su comment on fait l'amour #
Thread "Que pensez-vous de l'éducation sexuelle à l'école ?" #
Intervention de @RatLeQ sur "L'éducation sexuelle à l'école" #
Sondage : Les menstruations #
Thread "Premières règles" #
Thread "Démysthifier les règles" #
Sondage : La première fois #
Thread "Que pensez-vous de votre virginité ?" # et #
Thread "Pensez-vous que l'hymen est un gage de virginité ?" #
Thread "Acte sexuel = pénétration ?" #
Thread "On s'en fout de l'âge" #
Thread "Confiance et consentement" #
Thread "Que pensez-vous de la virginité ?" #
Sondage : Personnes racisées et sexualité #
Thread "Êtes-vous une personne racisée ?" #
Thread "Relation amoureuse/sexuelle avec une personne racisée" #
Thread "Y a-t-il eu des conflits familiaux au sujet de votre sexualité ou de vos relations amoureuses/sexuelles ?" #
Thread "Avez-vous des proches hors famille issus du même mélange culturel avec lesquels vous vous sentez plus inclus ?" #
Thread "Avez-vous des différents avec votre famille sur le plan de la religion ?" #
Thread "Avez vous des différents avec votre famille sur le plan des moeurs ?" #
Thread "Aimeriez-vous que la discussion sur le sexe soit plus ouverte qu'actuellement avec votre famille ?" #
Thread "Avez-vous déjà été fétichisé/érotisé du fait de vos origines ?" #
Thread "Craignez-vous les conflits familiaux au sujet de votre sexualité ?" #
Thread "Vos premières discussions sexuelles avec vos ami.e.s" #
Thread "Tabou pour les femmes" #
Thread "Les mots sont importants" #
Thread "Ce qui est tabou" #
Sondage : Qu'est-ce qui est le plus tabou selon vous ? #
Mise au point sur les hommes cis het qui jugent #
Thread "Les pratiques sexuelles d'autrui" #
Thread "Les études sur 'la' sexualité" #
Thread "S'habiller sexy" #
Sondage : S'habiller sexy #
Thread "Hier j'étais en soirée" #

dimanche 2 juillet 2017

J'ai l'impression de pouvoir m'envoler à chaque coup de vent

I have confidence issues. Ce n'est pas nouveau, je le sais depuis plusieurs années. Je pense que cette fragilité est apparue pendant mes années lycée : j'étais dans un tout nouvel environnement qui m'a beaucoup déçue parce que j'avais choisi ce lycée avec beaucoup d'attentes et qu'il s'était révélé plutôt nocif pour moi. Pas forcément de la faute des élèves et des professeurs, même si, pendant longtemps, c'était ce que je voulais me faire croire. En tout cas, pas uniquement de leur faute. 


Quand j'essaie d'analyser ce qu'il se passait dans cette période, j'ai le cœur qui se serre et les larmes qui me montent aux yeux. J'ai accumulé beaucoup de frustrations pendant ces trois années là. Mon ego en a pris un sacré coup, à vrai dire. Je voulais ce lycée là pour le prestige, pour trouver des personnes un peu plus comme moi, par rapport aux élèves que j'avais l'habitude de côtoyer au collège, qui me prenaient un peu pour un ovni parce que j'aimais beaucoup l'école et que j'avais l'impression de m'y découvrir, d'être incroyablement plus intéressante que je ne le pensais, notamment aux yeux des professeurs et de mes amis. J'avais une haute opinion de moi-même à travers les yeux de mes camarades et de mes professeurs. 

Arrivée au lycée, je suis tombée de haut : je n'avais rien de spécial, en vérité, et même pire que cela. J'étais à nouveau un ovni aux yeux de tous, mais pas de la même façon qu'au collège. Cette fois, j'étais l'outsider, celle qui s'est retrouvée là seulement grâce à ses notes, pas du tout parce que c'était son milieu. J'étais celle qui n'avait pas du tout les mêmes habitudes de vie, qui ne connaissait rien, même, à cette vie lycéenne occidentale, parce que mes parents n'y connaissaient rien et la voyaient même d'un mauvais œil, alors il était exclu pour eux que je "traîne" après le lycée, que je fasse des sorties ou quoi. 

Cette frustration par rapport au "non" catégorique de mes parents m'a fait beaucoup me priver, parce qu'à force, je ne voulais plus leur demander quoi que ce soit. J'étais trop fière pour pouvoir essuyer un refus de plus de leur part. Je ne voulais pas leur montrer que j'avais envie de faire ces choses là, je ne voulais pas leur montrer que j'étais pleine, mais pleine d'envie. 

Je me faisais passer pour la fille blasée, maussade, réaliste, que je n'étais pas, pour qu'ils pensent que c'était juste mon caractère. Alors qu'en réalité j'étais une totale ingénue et je rêvais juste de pouvoir pétiller de vie. 

Je suis toujours aussi fragile. Les échecs de ma vie m'ont beaucoup secouée, parce que je n'avais pas l'impression d'être douée ailleurs qu'à l'école, alors tout ce qui s'est mis en travers de ma scolarité, les dépressions, tout ça... quelque part c'est un peut de ma faute, c'est moi qui ait décidé de faire tout ce qui m'a éloigné de mes cours, par esprit de rébellion ou je ne sais quoi, par envie de me prouver que moi aussi je pouvais faire plusieurs choses en même temps, alors que non... 

J'ai acquis cette fragilité et c'est quelque chose qui est devenu récurrent. Le fait de me sentir invincible pendant un temps jusqu'à me dire que "c'est bon ça se passera bien" avant de me prendre un mur dans les dents et de retourner me cacher en me disant "qu'est-ce qui t'a pris, tu t'es sentie pousser des ailes, mais tu ne SAIS PAS voler". 

Je suis prudente parce que j'ai constamment peur. J'ai peur d'oublier que je ne suis pas forte, que ce n'est pas facile pour moi, que rien ne m'est donné. Mais je passe mon temps à m'auto-défier comme ça et à me prendre sans arrêt cette dure réalité dans la face. 

Est-ce que ça signifie que j'ai du mal à accepter ma fragilité ? Que mon ego essaie tant bien que mal de se dire que j'ai quelque chose en plus alors qu'en réalité il n'en est rien ? 

Je pense que c'est ça l'histoire de ma vie. Mon tourbillon de tourments. 

Actuellement je suis dans une de ces passades où je me cache, où j'ai peur. Où j'ai l'impression de pouvoir m'envoler à chaque coup de vent. C'est ce qui me tient éveillée la nuit. 


mercredi 28 juin 2017

Le temps où je n’essayais pas d’être efficace

Il fût un temps où l’efficacité n’était pas mon but. C’était plutôt la satisfaction. Ce sentiment vivifiant à la fin d’une journée, l’impression d’avoir fait beaucoup de choses et d’avoir encore beaucoup de choses excitantes à faire le lendemain. Cette excitation positive qui pouvait éventuellement me tenir éveillée la nuit, mais me faisait toujours me lever du bon pied le lendemain matin et à la première sonnerie du réveil. 


A présent les choses sont différentes. Je ne sais pas à partir de quand ça l’a été. A partir de quand cette excitation s’est transformée en crainte, celle de ne pas se réveiller, celle de passer une mauvaise journée, celle de ne pas venir à bout de mes projets. La liste des choses que je commence mais ne termine jamais s’allonge inexorablement. Ces projets de lecture ou d’écriture. Ces projets de révision, même. 

Je ne sais pas à partir de quand mes soirées se sont vues accentuées par un regard vers le ciel et un soupir prononcé. Encore une journée où je n’ai rien fait de ce que je voulais. Encore une journée à tout reporter à la suivante et à en souffrir. 

J’ai l’impression de passer mon temps à tout préparer, à sortir tous les ingrédients pour une recette que je sais excellente, que je connaissais par cœur. Pour finalement ne rien en faire, ne pas avoir la force de les assembler dans ce grand saladier vide que je regarde d’un œil triste et fatigué. 

J’ai l’impression de passer mon temps à chercher des excuses, également. Ah tiens, la raison pour laquelle je n’ai pas fait ça ce lundi là c’est parce que j’avais ça la veille, ça m’a fatiguée, vois-tu, alors du coup j’ai préféré me reposer. Et puis ensuite finalement j’avais envie de voir ce film là à la place de faire cette autre chose, même si bon, ça faisait déjà quelques jours que je devais le faire et que le film aurait pu attendre, et d’ailleurs ça m’a lancée sur un binge watching de tous les autres films du même genre, alors je n’avais finalement plus le temps. 

Quelque part je passe un cap en écrivant cet article, parce que la reprise du blog est l’un de mes projets, mais je n’arrivais pas, avant aujourd’hui, à simplement écrire. 

J’étais bloquée parce que j’essayais de trouver un sujet léger et vivant à aborder, un truc qui se lit facilement, qui s’écrit facilement, qui me donnerait cette impression de satisfaction que j’attends depuis longtemps et que j’avais, un jour, déjà ressenti, notamment aux périodes productives du blog. 

Mais rien ne me venait, simplement parce que ce n’est pas l’esprit du moment et que j’ai du mal à passer outre le fait que mon esprit ne soit ni léger ni très vivant en ce moment. J’ai du mal à me forcer à faire quelque chose qui, au final, n’est pas vraiment vrai pour moi. 

Cette inspiration soudaine, elle m’est venue en tombant sur les réactions qui ont fait suite aux fameux articles sur le Miracle Morning. Si cela ne vous dit rien, et pour l’expliquer rapidement, je dirais que c’est la tendance du moment qui consiste à se focaliser (de manière maladive, mais ce n’est pas présenté ainsi) à la productivité de ses journées, notamment au travail. 

Grosso modo, on se lève plus tôt en pensant travail, on prend un petit-déjeuner optimisé pour le travail, on check ses mails et on prend de l’avance avant d’aller au travail, on grignote du temps de travail sur notre temps de repas, on se couche plus tard en pensant travail. 

Enfin bref, on vit pour sa boîte, son travail, et on se pare d’un sourire faux en disant à qui veut l’entendre qu’on a trouvé la méthode miracle pour booster son efficacité et qu’on est très très en forme. 

C’est quelque chose qui a fait écho en moi simplement parce que c’est la pensée qui me pèse le plus en allant me coucher le soir et en me levant le matin : je devrais réviser davantage, j’aurais pas dû perdre du temps, franchement je fais n’importe quoi. 

Effectivement, mes études sont prenantes et je ne suis pas au top du top. Mais je n’ai pas envie de me fouetter. Je n’ai pas envie de me faire violence. Le travail ne vient pas naturellement, mais il ne s’impose pas non plus, et il ne doit pas occuper tout l’espace ni tout l’esprit. 

C’est quelque chose que je dis simplement maintenant mais que j’ai énormément de mal à intégrer. Mais le fait que je vis mal cette situation, cette culpabilisation perpétuelle, est bien la preuve que cette idée me fait du mal. 

Il y a un rythme à trouver et à respecter. Et mettre la culpabilisation au placard. Et je vais essayer de trouver ma voie là dedans.

vendredi 28 avril 2017

Arrêter de se contenter de la médiocrité des hommes

A l'origine, l'idée de cet article m'est venue en me perdant sur Twitter. J'étais tombée sur un thread qui m'a fait réaliser l'ampleur de la chose. C'est des choses que tu sais, que tu vois, mais que tu réalises jamais vraiment avant que quelqu'un en parle en le pointant expressément du doigt. Et tu te dis "Ben merde alors". Ben merde, c'est totalement vrai. 


En plus de déjà souffrir d'une inégalité indéniable au sein de notre belle société, on est également éduquées à ne pas s'offusquer de ces inégalités. A ne pas ou plus les voir, puisque bon nombre d'expériences sociales ont pu montrer que le sexisme ne s'intègre dans nos pensées qu'à partir d'un certain âge, comme ont pu nous le montrer par exemple les superbes publicités de Always #LikeAGirl.

En fait en lisant ce thread j'avais surtout pensé à ma meilleure amie. M'enfin, elle n'est pas le propos. 

Dans ce thread, ça mettait donc l'accent sur le fait que, peut-être l'aurez-vous remarqué également, on entend beaucoup trop souvent dire : 

"Son mec ne la mérite pas, pourquoi est-ce qu'elle reste avec lui ?". 

Je ne sais pas si je peux dire que j'y ai échappé, je n'ai pas suffisamment de recul, peut-être, pour porter un jugement sincère sur mes relations actuelle et passées. Toujours est-il que c'est véritablement ce que je constate autour de moi : voir qu'une proche à toi souffre énormément de sa relation avec un homme qui se contente du strict minimum mais met la barre tellement haute pour sa meuf, la voir rester tout de même parce que "ça pourrait être pire, lui au moins il ne m'insulte pas, ne me frappe pas". L'écouter lui donner des excuses pour tous ses torts...  

Ces filles sont loin d'être idiotes. Ces filles sont loin de mériter ces types. Mais je ne sais pas, c'est ancré en elles, quelque part, cette idée que "dans notre monde, tu ne mérites pas mieux que ça". 

Ces filles ont des prises de conscience par moment, elles se réveillent un matin en se disant "mais bordel qu'est-ce que je fous là". Parfois c'est une prise de conscience passagère avant de sombrer à nouveau dans le dénigrement de soi. Parfois, c'est LA prise de conscience, et le regain de confiance en soi. 

Je ne fais que présumer, en réalité, je sais que les choses sont bien plus complexes que cela dans nos têtes. C'est jamais simple de sortir de ce genre de relation abusive. Et même en tant qu'amie, on ne sait pas forcément quoi faire pour elles... les écouter, essayer de les guider, essayer de leur donner un aperçu de ce qu'on voit d'un point de vue extérieur. Je ne suis pas sûre que ça fonctionne de vouloir les arracher à ce type de relation, je pense que sans prise de conscience, on revient toujours vers ce qui nous fait du mal. Le tout est de ne pas les abandonner, pas les renvoyer dans leur enfer parce qu'elles n'auront pas suivi nos recommandations et lui auraient, encore, pardonné. 

Essayer de prévenir au maximum le mal qui pourrait leur être fait. 

dimanche 16 avril 2017

Je ne sais pas quoi penser de « 13 rasons why »

« 13 rasons why », c’est la série Netflix du moment dont tout le monde a forcément déjà entendu parler, sous réserve que vous disposiez d’une connexion à internet (d’ailleurs vous ne seriez pas là à me lire si ce n’était pas le cas). 
 

Comme beaucoup, je l’ai regardée intégralement peu après sa sortie sur la fameuse plateforme de séries, et je dois dire que même si j’ai pas mal de choses à redire sur la thématique de la série (càd le suicide et la façon dont il est abordé), je n’ai pas pu m’arrêter dans ma progression avant d’en avoir vu la fin. Autant le dire, donc, c’est une série accrocheuse et qui sait captiver, notamment de par le découpage de ses 13 épisodes, choisissant de révéler chacune des 13 raisons de Hannah Baker de mettre fin à ses jours, mais également sur chacun des rôles joués par son entourage au lycée dans cette décision tragique.

Ceci étant dit, je dois tout de même reconnaître qu’un sentiment de gêne grandissant m’habitait pendant toute la visualisation de « l’œuvre ». Un peu comme une impression d’imposture, quand on lit ou regarde quelque chose et qu’on ressent un manque de sincérité de la part de celui qui raconte. Ici en l’occurrence, de la part de ceux qui ont réalisé la série.

J’ai eu l’impression qu’on nous disait que c’était cool de se suicider et de laisser ces cassettes culpabilisantes en guise de vengeance envers ceux qui nous auraient poussé à bout. Pourquoi culpabilisantes ? Parce qu'elles semblent toutes dire que ces personnages auraient dû faire quelque chose, auraient pu faire quelque chose.

Dangereuse impression, n’est-ce pas ? 

Les thèmes sont d’actualité et sont importants à aborder, surtout sur le format des séries TV qui touche justement à une population très à risque de harcèlement poussant au suicide : les adolescents.

Ayant vécu du harcèlement scolaire et un suicide dans mon entourage, je me permets cependant de dire que les thématiques ne sont pas bien abordées ou donnent un message flou sur ces questions. Hannah Baker n’est pas censée paraître aussi badass et au dessus de tout. On la voit menant son projet de cassettes, accusant, reprochant, romançant chaque « raison », les rendant légitimes, rendant son suicide comme étant la chose à faire, sa vendetta personnelle.

Une personne qui choisi de se suicider et y arrive était déterminée, ça c’est sûr. Mais cette vision là du suicide, comme une arme, un poing levé contre le harcèlement, quelle idée ? 
 
Le suicide n’est pas une solution au harcèlement scolaire, c'est la solution qu'a trouvé un esprit torturé et poussé à bout, hors c'est ainsi que j'ai l'impression que c'est présenté... cette idée qu'il faut qu'il y ait passage à l'acte pour qu'on s'intéresse au harcèlement... et que c'est par la culpabilité qu'on peut régler le problème...

Ensuite on voit tous les autres personnages culpabiliser, se sentir comme des meurtriers, reporter la faute sur d’autres, et par la même, se rapprocher, se réunir, tenter de trouver une solution ensemble pour s’en sortir (càd ne pas compromettre leur avenir, leur situation familiale ou quoi).

Un suicide qui aurait donc servit à créer des liens improbables entre les « harceleurs », les aurait donc réunis autour d’un même but : cacher la vérité/s’en sortir.

Ai-je vraiment besoin de commenter cela ? Certaines des « raisons » de Hannah Baker sont plus que discutables d'un point de vue extérieur (pour éviter de spoil je n’en dirai pas davantage), d'un point de vue intérieur je pense que c’est son esprit d’adolescente torturée (elle subit énormément et donc son esprit l’enferme progressivement et complètement dans une vision erronée de sa réalité, comme ce pourrait être le cas pour n’importe qui d’autre dans une situation de souffrance sans échappatoire apparente) mais la série ne tente pas vraiment de rétablir la réalité des faits, elle mure les autres personnages dans une culpabilité plus ou moins méritée (jugée en tout cas comme plus ou moins méritée, par Clay notamment, on revient sur lui un peu plus tard) alors que non, les éléments qui mènent à un suicide sont bien plus complexes que cela et Hannah y joue elle-même un rôle. Mais cet aspect là n'est pas abordé, celui de la psychologie du personnage qui en vient au suicide. 

Elle est effrayante, Hannah. Elle est déterminée. Elle est rongée. Elle veut se venger. C’est tout ce que j’ai ressenti d'elle. Et pourtant c’est aux autres personnages de porter la faute et de s’en vouloir.

C’est un peu comme si c’était elle qui harcelait les vivants. Sans en oublier ses parents qui sont complètement abattus et laissés dans le flou, également punis par Hannah puisqu’elle ne leur a laissé aucun message.

Pourquoi avoir choisi de traiter ainsi le thème du harcèlement scolaire et du suicide ? On en vient à se demander si la victime est réellement victime (dérive très présente dans la société par ailleurs), n'aurait-il pas été préférable d'éviter cela et, pour ce faire, de développer la psychologie d'Hannah au lieu de nous la présenter simplement comme un personnage vengeur sans pitié (cf les détournements sous le hashtag #WelcomeToYourTape) ?

Je ne peux pas parler de Clay Jensen sans risquer d’en dire trop sur certains aspects clés de la série. La vérité, en tout cas, devient son obsession. Et il se fait limite garant de celle-ci, cherchant à faire justice pour Hannah. Il n’est plus non plus dans la réalité, il entre dans la spirale dangereuse de ces cassettes, il les subit et en même temps il ne peut pas s’en empêcher, il doit aller jusqu’au bout. Mais la « justice » pour laquelle il se bat est discutable selon les personnages. Certains ont juste le défaut d’être humain et on ressent ça parce que la série nous les présente comme sympathiques. D’autres méritent réellement d’être poursuivis en justice, ils sont présentés comme froids, inhumains. Cependant tous sont mis dans le même sac, par Clay, et il se met lui-même dans ce sac là… par la faute de ces cassettes.

NON L’AMOUR NE SAUVE PAS DU SUICIDE. Bordel. Quelle idée de mettre de la romance post mortem, ça me glace complètement.

En somme, cette série va dans tous les sens et donne de fausses idées concernant les raisons qui poussent au suicide et la culpabilité que devrait avoir les ennemis et les amis du suicidé. C’est difficile de savoir où se placent les réalisateurs dans l’histoire : est-ce qu’ils sont de l’avis de Hannah, validant ces 13 raisons, ce harcèlement post mortem (qui, à mon sens et au vu de son niveau, notamment du côté de l’effet dévastateur qu’il a sur Clay, pourrait éventuellement pousser au suicide en série) ? Est-ce qu’ils sont du côté de Clay, validant son sentiment ultime de culpabilité dangereuse, son implication malsaine dans la recherche de vérité ? Est-ce qu’ils sont du côté des autres personnages, si oui desquels, car leur impact sur la décision de Hannah est clairement différente… ? Quel est leur réel positionnement concernant le harcèlement (des lycéens à l'encontre de Hannah et et Hannah à l'encontre des lycéens), le suicide en réponse à celui-ci ?
 
C’est un bordel monstre. C’est un bordel monstre.

Et ça me met mal à l’aise à l’idée de partager cette série, car l’interprétation qu’on en ferait pourrait avoir des conséquences désastreuses. Le message de la série est flou concernant le suicide d'Hannah, les idées sont immatures (parce qu’il s’agit de lycéens ?).


L’avez-vous regardée ? Qu’en pensez-vous ? L’avez-vous recommandée et si oui pour quelle raison ?

mercredi 12 avril 2017

Il y a un temps pour tout

 Grosse baisse de régime. Je n'ai pas choisi le programme le plus facile. Si vous voulez, en médecine, arrivés à l'externat, on doit choisir l'ordre des programmes des cours et des stages pour les 3 années à venir. J'ai choisi de commencer l'année par des stages, d'enchaîner avec 6 mois de cours, et de terminer par des stages. Actuellement je suis au milieu de mon 3e mois de cours, la fatigue se fait sentir : j'ai déjà du mal à me remettre au boulot. 


Ce qu'il y a de compliqué, c'est de savoir gérer son temps. Il y a un temps pour tout, pour réviser, pour vivre, pour s'occuper des nécessités. Depuis que j'ai pris la décision de vivre seule, mon confort a diminué, mes nécessités ont augmenté, mais la quantité de travail à fournir n'a pas changé. Alors oui, ce n'est pas plus facile, mais en l'espace de 3 mois j'ai appris à m'organiser, à m'en sortir, à être plus sereine. Je ressens davantage mon mérite à faire toutes les choses que je fais, je suis plus satisfaite de moi-même, c'est un boost non négligeable. 

Je me raisonne donc en me disant qu'il faut un temps pour tout, même pour du repos. J'ai fait la moitié, je m'en suis mieux sortie que je ne l'aurais pensé, j'ai toujours autant de choses à garder en tête pour avancer, toujours autant de nécessités, mais bon, je ne veux pas finir ces 6 mois complètement grillée alors je ne dois pas me culpabiliser d'être fatiguée. 

On ne doit pas culpabiliser d'être fatigués. 




jeudi 6 avril 2017

De l'éducation des petites filles

Etant féministe et dans le domaine de la santé, je ne pouvais pas ne pas réagir à la polémique actuelle concernant le petit livre d'anatomie de Michel Cymès Quand ça va, quand ça va pas ; polémique qui concerne une inégalité d'information donnée aux jeunes enfants concernant leur anatomie sexuelle.

Ce qui n'est, à mon sens, pas acceptable. 

https://www.facebook.com/LaRageDeLUterus/posts/1837574633122134
Clique sur les images pour les voir de plus près

Alors, bien sûr, les justifications ont été multiples :

- "Il est hors de question d'hypersexualiser les enfants, il faut les préserver" (??)

- "L'organe sexuel masculin est extérieur, c'est normal qu'on en parle plus que pour la fille" (???)

- "Une petite fille de 5 ans a pas besoin de savoir ce genre de choses c'est pas de son âge" (????)

Il y a une réelle différence de traitement entre les deux sexes concernant leur anatomie sexuelle, à savoir que le petit garçon est présenté habillé, mais visiblement en érection, et tout heureux (car oui, ça fait référence à la notion de plaisir). Il est expressément expliqué aux petits garçons que leur zizi a un nom, c'est le pénis, qu'ils ont un prépuce, des testicules, un scrotum ; il leur est expliqué la notion de décalotter et les problèmes chirurgicaux qui peuvent en découler, le phimosis en clair, les balanites (infection des glandes au pourtour du gland), les épi ou hypospadias (position ectopique de l’orifice urinaire sur le gland) etc.

De l’autre côté, on a une petite fille présentée sur les toilettes en train de faire pipi (car son sexe ne sert visiblement qu’à ça), l’anatomie se résume à l’anatomie de ses voies urinaires (donc son sexe ne comporte qu’un trou, l’orifice urinaire, rien d’autre) elle n’a ni gonades, ni lèvres, ni clitoris, ni vagin, ni utérus, son sexe n’est même pas nommé puisqu’il est écrit qu’on peut le surnommer comme on veut entre cocotte, zezette ou fefesse, mais il n’est fait nulle part mention de vulve. Et enfin, les seuls problèmes de santé présentés sont les infections urinaires de la petite fille, quand son pipi brûle parce qu’elle ne s’essuie pas bien !

Alors plusieurs choses sont à préciser. Je suis consciente qu’il est délicat de parler de sexualité à de jeunes enfants, on ne sait jamais vraiment à partir de quel âge il est « sain » de commencer à les informer ou même jusqu’où cette information devrait aller selon l’âge. Mais là il n’est pas question de sexualité à proprement dit, il est question d’anatomie ! Partant de là :

En quoi faisons nous de l’hypersexualisation des enfants en leur expliquant simplement comment s’appellent les différentes parties de leur corps ?

Et puis même, si cela était réellement le problème, pourquoi une telle inégalité d’information entre les deux sexes, et omettre totalement les organes génitaux externes féminins, jusqu’à ne même pas mentionner les NOMS ? La zezette c’est la VULVE, point barre, on s’en fiche pas mal qu’on puisse lui donner d’autres noms, elle en a un officiel !

Avez-vous déjà vu une vulve ? Parce que, je ne veux pas remettre vos qualités d’anatomiste en doute, mais comment dire, une vulve ce n’est PAS tout lisse, très cher ! Il y a des reliefs, il y a des choses qui dépassent, et, aux dernières nouvelles, le clitoris et les lèvres ne sont PAS internes. Alors pourquoi ne pas en parler ?

Un garçon a donc besoin de savoir comment se nomme l’intégralité de son anatomie et d’avoir un aperçu visuel de ce dont il est capable (érection), tandis qu’une petite fille devrait se contenter de simplement aller faire pipi et bien s’essuyer ? Sérieusement ?

Savez-vous ce qui peut résulter de ce genre d’omission volontaire ? Le fait de ne pas se reconnaître dans ce qui semble être jugé implicitement comme normal, même à cet âge. C’est donc pas normal d’avoir des choses qui dépassent chez les petites filles ? C’est ainsi qu’elles le comprendront. Sans oublier que même s’il ne s’agit pas d’un manuel scolaire et donc qu’on n’est pas obligés de l’acheter comme vous dites (sérieux, ne l’achetez pas, à quoi vous servirait-il s’il est même susceptible d’être nocif pour vos enfants) il est susceptible de participer activement à la mésinformation des enfants.

Parce que comment vous dire. Même aujourd’hui, avec internet et tout le tralala, on n’entend parler du clitoris (exemple pris au hasard dans l’anatomie féminine) que très tardivement, que ce soit chez les garçons ou chez les filles. Même chez les filles. Il y a un réel tabou toujours présent en ce qui concerne le désir féminin. Et il commence visiblement très tôt (comme dans votre bouquin).

Et c’est quoi cette histoire de préserver les petites filles ? Les préserver de quoi ? De leur propre corps ? Vous voulez les mettre au couvent aussi ? Les qualifier d’hystériques pour avoir connu le plaisir sexuel trop tôt ou pour même le connaître tout court ? Les interner à l’asile ? Car le propre de la femme c’est d’être des êtres doux et dociles qui se laissent faire et non pas des êtres actifs pouvant possiblement s’adonner à la masturbation quelques années plus tard, comme les garçons ?

Je vais trop loin ? Nan c’était ainsi que les choses fonctionnaient il n’y a pas si longtemps. Et personnellement, je n’ai pas trop envie que les choses retournent à ce stade là. Parce que moi aussi j’ai connu les questionnements, la honte, la peur de ne pas être normale, parce que tout ce qu’on voit dès notre plus jeune âge c’est qu’une fille, ça n’a pas de poils, c’est tout lisse tout beau, ça a des règles bleues et c’est surtout déjà considéré comme un trou et des seins par les garçons du même âge.

Alors non, pour moi, à 5 ans, t’as le droit de savoir que le corps de la fille n’est pas un corps où il « manque » quelque chose, mais qu’il est le miroir de celui des garçons : on n’a pas des testicules, on a des ovaires qui sont bien au chaud à l’intérieur, de part et d’autre de notre utérus qui sert à éventuellement accueillir un bébé dans le ventre. On n’a pas de zizi mais on a un clitoris qui fait des guilis (eh oui le plaisir n’existe pas que du côté des garçons), accompagné d’un vagin qui mène à l’utérus. On n’a pas de scrotum mais on a des grandes lèvres, et puis des petites lèvres. Et tout ce beau monde forme la vulve et l’appareil génital féminin.

Et puis il y a parfois des enfants qui sont entre les deux. C’est quand même plus simple de parler des intersexes quand on a parlé des deux extrêmes, non ? C’est plus clair, plus instinctif. On comprend que le garçon et la fille ne sont pas des opposés mais dans une espèce de continuité. On comprend mieux qu’un garçon puisse naître fille ou l’inverse, ou qu’il puisse y avoir des particularités anatomiques intermédiaires.

Enfin j’sais pas y a mille façons de faire un bon livre sur la question, et vous vous contentez de « ça », un bouquin incomplet, sexiste, possiblement traumatisant par l’exclusion de ce qui existe.

N’importe quoi.

lundi 13 mars 2017

Le printemps dans ma tête

Les choses ont tellement changé. Je ne peux pas m'empêcher pourtant de vouloir rester évasive sur mon blog, simplement parce que j'ai peur de, j'ai peur de, j'ai peur de. En vérité, comme tout autre blogueur, je n'ai qu'une vague idée de l'identité ou de la catégorie des personnes à qui il arrive de se perdre dans ces pages. Du coup oui, j'ai peur de trop m'étendre sur ma vie privée ici, en sachant qu'il est simple de me retrouver. J'aurais pu faire comme d'autres et ouvrir un blog anonyme au lieu de signer avec mon prénom un peu partout. 


En fait, ma vie fleurit en quelque sorte. J'avais tellement de projets en 2016, des petits bourgeons qui ont éclot début 2017, sans trop de mauvaises surprises, à mon plus grand soulagement. Je n'ai jamais eu la main trop verte, alors je prends énormément de précautions pour que tout se passe bien. Je n'ai pas une confiance absolue en l'avenir, je me contente de faire mon possible, vraiment. Pour l'instant. Pour l'instant ça va. 

Et puis aujourd'hui l'écriture est à nouveau venue à me manquer. Elle m'a manqué à plusieurs reprises. Je n'arrête pas de la mettre de côté, de lui dire "pas maintenant" parce que j'ai beaucoup à faire. J'ai toujours eu beaucoup d'idées, j'ai toujours eu envie de leur faire voir le jour rapidement. Je ne suis malheureusement pas très patiente quand il s'agit de cela. Alors, par impatience aussi, je les balaye de mon esprit "rho tant pis !" mais jamais sans une pointe de regret. 

Parce qu'au fond j'aime beaucoup trop ça. 

Je m'y adonnerais quotidiennement si je le pouvais. Enfin peut-être pas non plus, de peur que ça me dégoûte. Est-ce possible que ça me dégoûte à force ? J'ai du mal à y croire. 

C'est une des rares choses qui me font vibrer. Je dois penser à arroser cette passion un peu plus souvent. Qui sait, peut-être que l'un de ses bourgeons éclora cette année également...