lundi 30 novembre 2015

Le mythe de la Friendzone

C'est un sujet sur lequel j'ai longtemps voulu écrire. Parce que la "Friendzone" est un terme à la mode depuis quelques temps, un terme qui sert grosso modo d'excuse pour pas mal de personnes et qui ajoute un peu de la pression sur la gent féminine. Parce qu'on l'utilise surtout dans le contexte "une fille a friendzoné tel mec". 


Pourquoi la Friendzone ? 

Prenons un exemple tout simple (donc un exemple hétéro, puisque c'est la situation la plus rencontrée dans les séries/films et dans la vraie vie). Un gars est intéressé par une fille. Cette fille est plutôt sympa avec ce gars et tout, et puis arrive le moment où cette fille lui parle d'un autre gars vers qui vont ses sentiments ou son attrait. Le gars a donc été "friendzoné", c'est-à-dire qu'il est hors compétition pour gagner les sentiments de la fille. 

Bon. A la façon dont je l'ai raconté, je pense qu'on se rend compte facilement des problèmes que pose l'existence de cette façon de penser. 

Problème numéro 1 : La fille est transformée en un objet de convoitise 

Ne nous leurrons pas, le fait de considérer que la Friendzone existe, que c'est un mode de voir les choses justifié, ça fait que du coup beaucoup de nanas, objets de l'attraction d'un mec lambda, ne sont plus vraiment vues comme des personnes mais comme des conquêtes potentielles. Ca craint un peu. Parce que, d'une part, c'est plutôt peu flatteur pour les filles de se dire qu'elles ne bénéficient la gentillesse d'un mec que parce que celui-ci a des vues sur elle, elle est un peu transformée en vagin sur pattes (désolée pour l'expression). Et d'autre part, on entre un peu dans un cercle vicieux parce que s'il suffit de trouver une nana mignonne pour pouvoir placer le terme de Friendzone lorsqu'on se rend compte qu'elle n'est peut-être, elle, pas intéressée par le gars, ben on est pas sortis de l'auberge : la Friendzone existerait donc partout... donc à quoi sert-elle, dans la mesure où la majeure partie des nanas de l'entourage des gars n'auront pas envie de lui ?

Problème numéro 2 : L'amitié fille – garçon n'existerait donc pas 

Il y a les personnes qui considèrent que cette amitié n'existe pas, que c'est un leurre, d'autres qui considèrent que si, chacun avance ses idées... Moi je considère que dans la mesure où je vois les gens d'abord pour leur personne, leur personnalité, leurs traits de caractère, bref ce qui fait d'eux ce qu'ils sont, je ne vois pas pourquoi deux personnes, sous prétexte de ne pas être du même sexe, ne pourraient pas être en parfait accord sans pour autant avoir envie de se sauter dessus l'un l'autre. 

Or le fait de considérer que la Friendzone existe, c'est de considérer qu'on ne peut décemment pas être amis avec une personne de l'autre sexe de manière complètement désintéressée*. Donc c'est un manque clairement apparent d'ouverture d'esprit. Parce que, oui, les gens ne sont pas que des parties génitales ambulantes. 

*J'ai dit de manière complètement désintéressée, mais c'est faux : on est intéressés, mais pas forcément par le sexe. Par la personne, par ce qu'une relation – platonique dans notre cas – pourrait nous apporter, par ses goûts, sa façon d'être ou de penser. Tout ça peut nous intéresser sans pour autant faire de notre interlocuteur un petit copain ou une petite copine potentiels. 

En plus, si on continuait sur cette lancée de théorie de la Friendzone, on en viendrait à dire que c'est vraiment pas terrible pour quelqu'un en couple d'avoir des amis du même sexe que son/sa partenaire. Ca devient vraiment débile là, soyons d'accord là dessus. Les gens sont avant tout des personnes, pourquoi chercher à leur coller l'étiquette de "meuf/mec potentiel" à tout bout de champ, surtout en sachant qu'il/elle peut ne pas être intéressé. 

Problème numéro 3 : Se plaindre d'être Friendzoné, motif à... se plaindre davantage 

Ben oui, il/elle n'est pas intéressé, et alors ? Pourquoi en faire tout un plat ? Tout le monde ne peut pas vous accueillir à bras ouvert, soyons rationnels... Est-ce que pour autant ça veut dire qu'il/elle se foutait de votre gueule ? Est-ce que pour autant vos droits ont été bafoués ? 

Il y aurait tellement à dire, en fait. Parce que si on prend le mec qui s'est fait "friendzoné" par une nana, exemple de tout à l'heure, on a ensuite : 
- Un mec qui se plaint, déjà ça, c'est moche 
- Une nana qui se fait traiter de salope (ben oui, pourquoi elle était gentille avec lui si ce n'est pour bafouer son honneur ? hein ?)
- Par qui ? Par une communauté de mecs plus ou moins importante qui croit dur comme fer à la théorie de la Friendzone (car l'ayant vécu, t'sais...)
- Et donc une perpétuation de ladite théorie qu'on sait maintenant être complètement débile

On ne considère même pas la possibilité que la personne convoitée puisse vouloir d'une relation désintéressée, elle devient forcément une personne manipulatrice et hypocrite. Alors que. Non. Elle ne voyait juste pas son prétendant d'un même oeil que lui la voyait.

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Problème numéro 4 : La pression sur la fille 

Toujours dans l'exemple du début... Il y a des filles qui vont réellement culpabiliser. A tort, bien sûr, car personne ne doit jamais rien à personne pour sa gentillesse ou des services rendus a priori gratuitement (a posteriori dans le but d'avantages relationnels/sexuels – ça vous choque dit comme ça j'en suis sûre, mais c'est vraiment ce qu'il se passe la plupart du temps). Il y a une sorte de pression qui essaie de faire son chemin grâce à cette théorie bidon : c'est que la fille se doit d'accepter le mec simplement parce que celui-ci est intéressé au point de lui être agréable par sa simple compagnie ou en lui rendant service gratuitement etc. 

Vous voyez le problème là dedans ? 

NON. Personne ne doit jamais rien à personne dans ce cas de figure, si ce n'est un merci ! J'en sais rien ! Mais de quel droit peut-on prendre pour excuse le fait d'être sympa pour réclamer des droits sur la personne avec qui on l'a été, hein ? 

Et puis, prenons un peu la place de ladite fille qui elle sent la pression du gars sur elle et qui se voit dans l'obligation d'essayer de le jeter gentiment quitte à se faire traiter de salope manipulatrice ou que sais-je encore pour enfoncer le clou de sa culpabilité au maximum. Comme si elle avait demandé quoi que ce soit pour en arriver là !

Sans oublier que ça ne fait que naître de la méfiance dans les prochains rapports à l'autre sexe, voire du mépris, parce qu'on s'attend à ce que l'autre attende quelque chose de spécifique de nous qu'on n'a pas envie de donner à n'importe qui de "sympa" avec nous. Un cercle vicieux, encore.

* * *

Je m'arrête là dans le développement des différents soucis qu'on rencontre à cause de ce terme idiot de Friendzone qui prolifère comme un cancer sur la toile. Qu'en pensez-vous ? Je conçois que le concept de Friendzone est un concept intéressant pour les séries comiques etc, mais bon, ça s'infiltre également dans les situations IRL alors que les choses ne sont jamais aussi simples que ça. Il est normal, selon moi, d'être très souvent dans un rapport non égalitaire avec une autre personne, dans le sens où on peut toujours en attendre davantage que l'autre en attend de nous, et pas seulement dans un contexte de relation amoureuse : on peut être intéressé par une personne dans un cadre amical alors que celle-ci ne l'est pas, ou dans tout autre cadre. Le concept de Friendzone, il s'applique vraiment spécifiquement à l'attrait amoureux/sexuel mais n'a pas tellement de sens et donne lieu à beaucoup de travers que j'ai développés en partie dans cet article. C'est pour cette raison que j'ai décidé d'en parler aujourd'hui.

Qu'en dites vous ? Avez vous déjà été dans une situation d'espérance avec quelqu'un, ou alors avez vous déjà été dans la position de convoitise ? Est-ce que cette situation vous a semblé désagréable ? Pourquoi ? Pensez vous que le concept de Friendzone ne devrait pas être critiqué ? 

Portez vous bien !
Love always,

mardi 24 novembre 2015

De l'usage des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont nombreux et variés, et sont devenus un peu la base de la communication 2.0. Ce matin, je m'étais demandé quel usage je faisais de mes nombreux réseaux sociaux, pourquoi j'en préférais certains à d'autres, pourquoi certains me paraissaient plus pratiques, plus utiles, pour certaines choses que d'autres... et pourquoi les "autres", ces réseaux sociaux un peu en marge car très peu utilisés (en tout cas dans la catégorie de personne à laquelle j'appartiens). 

photo : tumblr

Facebook

Alors, j'ai prévenu que je n'allais parler que de mon utilisation personnelle des réseaux sociaux en tout genre. Et puis le numéro 1, je suppose que c'est Facebook. Pas tellement en terme de nécessité, plutôt de "pratique". C'est un peu la plateforme des connaissances, des contacts. Un peu réservé à la sphère amicale pour ma part, puisque j'ai pris la décision de ne pas y inclure les membres de ma famille pour y être plus "à l'aise" et moins restreinte dans mes mouvements. 

Facebook peut servir à plein de choses à côté de son usage de "répertoire". C'est aussi un lieu de partage d'information, de divertissement et compagnie. Dans mon cas, c'est aussi très utile pour les groupes liés à ma fac (groupe de promotion, groupe de stage et compagnie). C'est pratique car "tout le monde a facebook" et donc il est statistiquement très probable qu'on puisse tous se "trouver" dessus dans un but ou dans un autre. 

Facebook reste tout de même un réseau social intime, puisque l'identité y est vraiment clairement définie, de manière nominative, avec les photos, les proches, les conversation avec eux, etc. Je ne passerais certainement pas mon compte à tout le monde. Un peu comme tout le monde ou presque. Ca limite un peu, je trouve, mais ça reste pratique. 

Twitter 

Twitter est un peu mal vu par les "vieux" si je puis dire. Les personnes vieux-jeu plutôt. Parce que les tweets, c'est court, et que donc on n'arrive pas à envisager l'information, le débat, le militantisme comme sur une autre plateforme. 

Pour moi, Twitter c'est un peu une révélation. C'est hyper pratique, court et concis, et c'est un outil de partage incroyable. Ca va tellement vite que c'est l'idéal niveau information. J'utilise Twitter pour suivre des tweets d'actualité (j'étais devant twitter vendredi 13 novembre au soir, c'est pour dire à quel point ça m'informe rapidement...) mais également pour suivre des blogueurs/blogueuses que j'apprécie, youtubeurs/youtubeuses dont je ne veux pas manquer les mises à jour, m'instruire via les tweets et partages de personnes intéressantes, etc etc. 

Le fait que ce soit ouvert et rapide et concis, moins tourné vers la sphère "privée" (on follow pas forcément nos amis et notre famille, tout ça) ça me donne plus envie de participer. C'est ouvert. Je ne peux pas m'en passer pour me tenir informée, ça fait je pense depuis janvier que j'ai ouvert mon compte et voilà. Et je le partage volontiers. 

Hellocoton 

Le réseau social du blog ! Personnellement, je l'utilise pour suivre mes blogueurs préférés, bien sûrs, mais aussi pour consulter des articles et autres blogs de temps à autre, principalement des catégories humeurs et culture. C'est très utile, ça permet vraiment de rendre ses articles plus visibles, de découvrir plus rapidement des blogs de la catégorie qu'on aime etc. 

Je me rends sur cette plateforme surtout dans mes instants de loisir, oisiveté et cocooning. Ce n'est pas pour des "blogueurs pro" type les blogs du journal Le Monde, ce n'est pas de l'information journalistique. C'est du partage plus varié et moins solennel. L'idéal quand on s'intéresse à la blogosphère. 

(Il existe aussi d'autres sites du même genre comme Dokuji, Inspilia, mais je les utilise moins, je suis plus familière avec HC pour le moment). 

Snapchat 

Plus le temps passe et plus j'aime snapchat. C'est souvent très drôle, ou ça permet de faire un espèce de "daily vlog" comme chez les youtubeurs, mais sans prise de tête ni prise au sérieux, c'est 10 secondes de ta vie quoi. J'aime beaucoup le concept, et au départ je l'utilisais principalement pour mes "vrais" contacts, mais je pense que je vais de plus en plus ouvrir à l'extérieur de mon petit cercle personnel. J'adore les story un peu humoristiques ou qui font sourire, et les blogueuses/youtubeuses que je suis en font de plus en plus.

D'ailleurs mon compte c'est : safianechka (quelle surprise n'est-ce pas). 

Instagram 

Instagram me fait penser à un blog, puisque généralement les photos sont accompagnées d'une longue description etc. C'est aussi rapide et efficace, je m'en sers également pour suivre des blogueuses/youtubeuses ou des artistes, ou des proches. 

Ask 

Mon compte ask ne récolte plus de questions depuis longtemps ! Il était plus actif il y a quelques années et du coup, je ne m'en sers plus trop non plus. C'est utile pour les personnes très suivies, ça permet de faire une sorte de FAQ un peu live. Mais bon, on a souvent du n'importe quoi. 

Autres réseaux sociaux

Et je fais référence ici aux sites de rencontre, réseaux sociaux peu connus... Par exemple AUM que je ne supporte plus (parce que bon, hein), Tinder que je ne trouve pas pratique du tout (pour l'avoir testé en début d'année... non je ne l'ai pas réinstallé depuis). Ou encore Okcupide, un peu plus intéressant car permettant de discuter avec des personnes de tout horizon, mais ça reste un peu des sites pas très sérieux (enfin, les gens y sont pas très sérieux). 

Et puis les trucs que je n'utilise simplement pas, comme LinkedIn et compagnie... C'est déjà un début d'avoir un compte, on va dire, aha. 

Et vous, quels sont vos indispensables et quels usages en faites vous ? 
Avez vous des réseaux sociaux peu connus à conseiller ? 

Portez vous bien, 
Love always,

dimanche 22 novembre 2015

Ne pas se laisser aller

Hier soir je me suis surprise, lors d'une conversation avec un ami, à dire à quel point mon envie de vivre était irrépressible. Comme si les derniers événements en date, la tragédie du 13 novembre et les affaires qui ont suivi, la tragédie au Mali, tout ça suite à ma dépression passagère de fin d'été, m'avaient complètement déshydratée au point que je mourrais de soif. Soif de vivre. Toujours plus intensément. Profiter de chaque instant et même si tous les instants ne peuvent pas être parfaits, je pense qu'à mes yeux, dorénavant, ils le seront. 

* * *

C'est dur de mettre en pratique tout ça. Le fait d'essayer de ne plus se poser de questions, de simplement vivre pleinement, sans se prendre bêtement la tête. Les coups de mou passagers arrivent tout de même, mais on essaie de se ressaisir rapidement et de faire ce qu'on doit faire, remplir nos obligations, avancer dans nos projets.


Arrêter de vouloir que tout soit parfait, arrêter de s'arrêter sur des détails plus qu'insignifiants.

La vie continue, tout simplement. Elle ne s'arrête jamais de suivre son cours. C'est presque surprenant de se dire ça, parce que nous, on est ébranlés par tellement de choses qui pourtant ne touchent que nous, et pas le reste du monde.

* * *

Je sais pas si je peux dire que je n'ai pas peur. J'ai peur. Je pense qu'on a tous peur. Mais j'ai pas envie de m'arrêter à ça. Et puis ce n'est pas une peur homogène. C'est la peur du danger mêlée à celle de ne pas avoir pu faire tout ce dont je rêvais. C'est un peu de celles qui vont tout de même nous faire avancer. Enfin, je crois.

Lundi dernier, la minute de silence m'avait profondément émue. S'en est suivit une longue réflexion sur le danger en question... mais au final, on ne sait simplement pas quoi en penser. C'était hypothétique, comme réflexion, ça n'a pas lieu de nous arrêter dans notre élan. Non ?

Je n'ai pas vécu ni été touchée personnellement par les attentats. Je ne peux, comme beaucoup d'entre nous, qu'imaginer... ce qui me donne des frissons d'effroi. Je ne peux qu'imaginer, également, une récidive, une nouvelle possibilité de se faire atteindre, cette fois. Mais j'ai pas envie que cette idée me paralyse dans mes projets. J'ai pas envie qu'elle nous paralyse. J'ai pas envie de voir le monde se figer autour de moi. Je pense pas que ça nous soit bénéfique, au contraire. Je pense qu'on doit tout faire pour se protéger et ne pas avoir de regrets. Combinaison un peu compliquée, peut-être, mais plus saine que de ne faire que l'une ou l'autre chose.

Alors vivons. Simplement, vivons. Et soyons tout de même conscients de ce qu'il se passe tout autour.

Portez vous bien,

Love always,




jeudi 12 novembre 2015

La tête hors de l'eau

J'avais déjà mentionné le fait que j'avais commencé à consulter une psy pour pouvoir un peu me libérer de toutes les choses qui me pèsent dans mon quotidien et dont je ne parle que trop peu. J'étais, je pense, entrée dans une espèce de cercle vicieux de renfermement sur moi-même, je me noyais dans ma propre détresse. Et puis, à un moment, on m'a tendu une perche et j'ai pu regagner la berge. Je suis très reconnaissante à la personne qui était là pour moi à ce moment là, et qui l'est toujours. Je ne sais pas trop comme elle a fait pour me faire autant me livrer alors qu'on se connaissait si peu, mais ça m'a fait beaucoup de bien d'ouvrir les vannes et de me sentir épaulée. C'était il y a deux mois environ, maintenant. 

photo : we heart it
Depuis, j'ai eu seulement quatre consultations avec la psy, donc à raison d'une toutes les deux semaines. Globalement, je vois ces séances comme une double écoute. L'écoute d'une personne totalement extérieure à ma vie et puis ma propre écoute, à savoir que je ne prépare absolument pas ce dont je vais lui parler, et que je découvre ce vers quoi va mon débit de parole en même temps qu'elle. Ca me fait voir un peu l'évolution de mes préoccupations. C'est plutôt utile.

J'ai pu voir que mes soucis familiaux étaient à peu près rentrés dans l'ordre, peut-être de manière seulement temporaire, toujours est-il que j'ai compris ce qui faisait que la période était "à risque de crise" ou non. J'ai pu voir que je pense davantage à mon présent, aussi, que je ne cherche plus aussi désespérément à fuir ma propre vie pour échapper à mes soucis, en me projetant inutilement dans un futur incertain. J'ai pu voir également que j'ai réussi à trouver la force de nager, et plus seulement d'attendre qu'on me tende une perche quand j'ai l'impression de couler : j'ai envie d'aller vers les autres, je n'attends plus. Je ne veux plus jamais attendre. 

La motivation est revenue. Elle est un peu fragile, certes, mais elle est là, je sais ce que j'ai à faire, et j'ai envie de le faire. J'agrémente ma vie de petits loisirs qui n'empiètent pas trop sur mes cours pour autant : j'ai repris la guitare, je me permets une série de temps en temps, des sorties également. Pas beaucoup de lecture, puisque je fais mes trajets majoritairement en vélo... et puis sans oublier mes petites sessions de babysitting qui restent très amusantes et attendrissantes. 

Ouf. Je vois le bout du tunnel. 

Certaines choses restent cependant douloureuses. Ma rupture, notamment. Je lui parle toujours, je sens sa douleur, et je ressens la mienne. Seulement, je pense toujours qu'il est mieux pour le moment d'en rester là. J'éprouve toujours beaucoup d'affection pour lui. Je n'ai aucune envie qu'il en souffre trop longtemps. Mais ça ne marchait plus, en tout cas ça a fait empirer mon mal-être, et je me dis que c'est tout simplement qu'on ne se correspondait pas suffisamment pour qu'il puisse m'aider dans ces moments là. C'est seulement ça.

Enfin bref, je sors la tête de l'eau. Tout le buste, même. Le prochain rendez-vous est prévu en janvier, jugeant qu'il ne se passait rien de particulier en ce moment. Continuons sur cette lancée. 

Portez vous bien,

Love always,

jeudi 5 novembre 2015

L'intégration... au lycée

L'autre jour, sur Twitter, je repensais un peu à ma vie de lycéenne, sur laquelle j'avais déjà écrit une mini série de deux articles qui sont loin d'avoir fait le tour de la question. J'avais bien sûr fait référence à l'hypocrisie qui y régnait, la superficialité, ce qui je pense est souvent le cas dans les lycées internationaux se voulant "au dessus" des autres. Mais en y repensant, j'ai pu identifier d'autres causes à mon mal être et à mon sentiment de non appartenance. 

photo : we heart it

1. Les origines 

Ca peut sembler paradoxal, puisqu'on parle bien d'un lycée international. Mais ça ne l'était pas, en réalité. Je venais d'un ZEP, donc d'un collège de cité, qui se trouvait être incroyablement diversifié, même si les mentalités l'étaient moins que dans mon lycée. En arrivant au lycée, la première chose qui m'a sauté au yeux, c'est l'absence quasi totale d'élèves noirs. Dans mon collège il y avait de tout. Là, les couleurs de peau étaient plus homogénéisées... Ca m'a surprise. 

Et puis, au fil du temps, j'ai pu constater la quasi absence d'élèves partageant mes origines maghrébines, également. 

Sur Twitter, ce qui m'a choquée, c'est qu'on me dise de "continuer à m'intégrer". Alors qu'on intégrait pas vraiment de personnes très diversifiées dans mon lycée, aussi "international" soit-il. 

2. La classe sociale 

Parce que je suis issue de parents ouvriers, et que donc je faisais "un peu tache" dans le paysage. En soi, ça ne me gêne pas. Encore aujourd'hui, malgré l'amélioration de ma situation financière (j'ai pas gagné au Loto, ma mère travaille plus pour gagner plus, et je suis étudiante boursière, c'est tout), je ne me soucie que peu des marques de vêtements et compagnie. Par contre, il y avait une vraie pression sociale dessus, puisque dès l'apparition d'une nouvelle tendance, tout le monde semblait se jeter dessus et ne faire qu'en parler. Que peut-on y faire, me direz-vous ? 

Le fait est que j'étais une vraie rareté dans mon lycée, alors que celui-ci était gratuit et "sélectif", j'en viens à me dire que ce ne sont peut-être pas les notes qui ont mené tous mes camarades dans ce lycée. 

Pourtant la classe sociale ne joue pas toujours sur la motivation scolaire. Mais je ne crois pas qu'ils donnaient leur chance à n'importe quel "pauvre". 

3. Le corps enseignant, complètement à côté de la plaque

Je disais qu'en soi, la richesse des autres, ma "pauvreté" etc ne me dérangeait pas. La "sélection" comme développée dans le point précédent un peu plus, je me sentais comme une minorité, mais soit. Par contre, ce point-ci était déterminant. 

Premièrement, ces profs complètement imbus d'eux-mêmes, qui fonctionnaient à la tête des élèves et qui jouaient de la réputation du lycée. Par exemple, j'avais une prof de français en seconde absolument immonde avec ma classe. Mais plus particulièrement avec moi. Et je l'avais oublié, c'est mon meilleur ami qui me l'a rappelé. Il m'a dit "Mais c'est pas possible, elle te détestait, elle te démontait après chaque contrôle en public, tu t'en souviens pas ?". Pourtant, les notes de la classe en français ne volaient pas haut, va savoir ce qu'elle avait plus spécifiquement contre moi et mon 10-11 de moyenne... 

Ensuite, j'étais étiquetée. Je ne le savais pas en premier lieu, mais l'un de mes profs me l'a dit. Au départ, je l'ai pris limite comme un compliment, de me faire remarquer, mais ensuite j'ai compris que ça ne jouait absolument pas en ma faveur, et peut-être que l'aversion de cette prof pour moi venait de là. 

J'entends par là que mon dossier scolaire était mentionné plus spécifiquement en conseil de classe, parce que je venais d'un ZEP, que j'étais là uniquement de par mes bons résultats scolaires, et donc qu'en temps normal, je n'aurais eu aucune chance dans ce milieu. Au départ, je me suis dit "Chouette, ils voient que je travaille très bien donc que j'ai ma place ici !". Mais j'étais naïve, en vérité, ça sonne un peu plus comme une insulte envers le manque de moyens de mes parents : j'habitais en cité, avant, donc j'allais dans un collège de secteur pour la proximité, rentrer à midi, tout ça. Mon collège, même classé ZEP, n'était pas mauvais puisqu'il permettait aux bons élèves comme moi d'avoir le niveau requis pour le lycée. D'autant qu'on était deux à venir du même collège, mais la deuxième, fille blanche et issue d'une famille plus aisée, n'a pas eu l'air de marquer les esprits.

Voir les articles #ThrowbackThursday associés : 

* * *

En gros, on me parle de m'intégrer alors que c'est bien exactement ce que je me tuais à faire. Suite à mon 9 en français en tout début d'année de seconde, j'ai fait le maximum d'efforts pour avoir 10 la fois d'après, mais ça n'a pas semblé calmer ma prof de français. Ensuite, malgré les différences d'intérêts notables entre mes camarades et moi, je n'ai jamais eu de conflit avec personne, même le plus infime, et j'ai simplement trouvé des personnes plus intéressantes, à mon sens, à côtoyer au quotidien. Je travaillais, je ne fumais pas, je ne buvais pas, je sortais à peine en dehors des cours, je n'avais pas d'absences, pas de retards intempestifs, pas d'accrochages avec les profs (à savoir que je n'ai jamais tenu tête à la prof de français, c'est juste pas dans ma nature de m'énerver contre quelqu'un qui s'énerve contre moi), de bonnes notes, un bon comportement. Et pourtant, et pourtant... je n'étais pas "intégrée". J'étais mentionnée en conseil de classe, j'étais limite lynchée publiquement en français, je faisais d'office partie d'une minorité dans mon lycée, j'étais vue comme telle, et quotidiennement, on me renvoyait cette vision de moi à mon visage. 

Qu'avais-je bien pu faire de mal ?

Voilà pour cette petite analyse rétrospective. En espérant qu'elle fasse réfléchir ceux qui pensent que les personnes racisées/d'origine de cité ne font rien pour s'intégrer. 

Love always, 


dimanche 1 novembre 2015

Changement in progress

Cet article fait un peu suite à toutes mes tergiversations sur le sujet de mon introversion, de mes problèmes de renfermement sur moi-même dans les moments les plus difficiles. J'avais décidé de me donner des chances de me sortir de ces puits de doutes et de malêtre – toujours dans l'optique de m'aider moi-même avant tout. Parce qu'il m'arrive d'avoir des passages à vide, parfois vraiment effrayants, et qu'ils ébranlent tous mes plans pour mon futur, qu'ils me mettent en danger dans mon présent, qu'ils font ressurgir des douleurs du passé. 


La grande opération a débuté en septembre, après la Crise familiale qui m'a fait ressentir ma détresse : il fallait que je fasse quelque chose. Saisis toutes les opportunités. C'était le début d'un grand ménage dans ma vie, j'ai ouvert toutes les fenêtres, pour tout laisser sortir en premier lieu, et puis pour laisser entrer quiconque le voudrait bien. 

Et ça a marché. En partie parce que je ne me suis pas simplement arrêté là, je n'ai pas fait que lancer des appels. Je me suis collé deux baffes et je suis allée chercher l'aide dont j'avais besoin. Je me suis interdit de refuser ne serait-ce qu'une mince opportunité de dissoudre mes soucis. 

En septembre, j'ai évité de me retrouver en présence de ma famille. J'ai fait la rencontre de nouvelles personnes, j'avais du temps libre, alors je me suis interdit de refuser ne serait-ce la plus petite des invitations à sortir, sauf si j'avais un truc administratif ou si j'avais du babysitting à faire. Je me suis forcée à parler avec ces personnes nouvellement rencontrées, à me livrer – ça ne pourra jamais te faire plus de mal, et au mieux au moins l'une de ces personnes t'aidera – à reprendre contact avec mes amis que je n'avais pas vu depuis un mois ou plus et à sortir avec eux, simplement prendre un verre, pas forcément discuter de mes soucis – car il faut dire qu'après un mois sans les voir, c'est un peu délicat de lancer le sujet – mais d'au moins constater leur présence, la facilité avec laquelle je peux convenir d'un petit RDV de rien du tout, pour me changer les idées, pour rire un peu. Ils sont là parce qu'ils m'aiment autant que je les aime, et ils seront là quand je déciderai de leur parler de tout ce par quoi je suis passée en cette fin d'été. 

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Quelques semaines plus tard, je leur en parlait, et bien sûr, ils m'ont témoigné leur soutien, leur amour, leur amitié. Peut-être qu'en choisissant de ne pas leur en parler de suite, je me suis assurée qu'aucun prétexte ne leur ferait refuser un RDV. C'est tout petit, mais ça fait beaucoup de bien. 

A partir de la rentrée, je me suis dit que je n'allais certainement pas mettre ma vie entre parenthèses comme je l'ai fait souvent en raison des cours. Je me suis dit que j'allais profiter du système particulier de la fac, à savoir de la retranscription de tous les cours, disponible toutes les semaines, et afin de gagner du temps pour moi. Pour voir ces personnes, les nouvelles comme les anciennes, toujours fidèles au poste malgré le temps qui passe et les études qui diffèrent. 

Globalement, une fois par semaine, je vois soit les nouveaux amis, parfois je rencontre encore de nouvelles personnes par ce biais, soit les anciens amis, autour d'un verre ou en soirée chez l'un d'eux. C'est fou comme mes semaines ont l'air infiniment plus riches, plus intenses, rien qu'en faisant ça. 

Le reste du temps je le passe à travailler du mieux que je le puisse, à faire du babysitting, à aller en TD/TP. Je travaille à la bibliothèque de la fac, je mange à la cafét', où j'ai pris l'habitude de "m'incruster" dans le groupe de deux filles que je croise souvent bien qu'elles ne soient pas de la même promo que moi ; elles sont adorables, et elles ont, je crois, également pris l'habitude de s'assoir  spontanément à ma table à la cafét' à midi. 

A la bibliothèque, il est rare que je rencontre des gens, elle est plutôt grande et souvent remplie, notamment des premières années, donc généralement je sais que j'y vais pour travailler et rien d'autre. Je ne prends plus mon ordinateur, je ne prends que mes cours pour être sûre d'avancer un minimum. 


En TD/TP, je ne connais pas grand monde de mon groupe, je me suis familiarisée avec certaines personnes qu'il m'arrive souvent de saluer car étant dans les mêmes groupes l'année passée. C'est encore très superficiel, mais je me dis qu'en avançant dans l'année, je devrais apprendre à les connaître et peut-être que viendra le moment où je leur proposerai quelque chose en dehors des cours. Parce que c'est comme ça que ça marche. 

Enfin, mes rendez-vous avec la psy. A raison d'un RDV toutes les 2 semaines, ça avance très lentement. On n'est qu'à 3 séances. Mais je crois que l'expérience est intéressante, particulièrement ébranlante émotionnellement, et je crois donc que ça pourrait avoir un impact non négligeable sur moi. Je ne veux plus garder mes soucis pour moi, je ne veux plus les voir comme un fardeau. Et peut-être que ces séances m'y aideront. 

Pour ce qui est de mon ex, il m'arrive toujours de lui parler par sms. Mais je ne l'ai plus croisé depuis. Je ne sais pas si j'en ai spécialement envie, je ne suis pas encore suffisamment stable. Je ne parle que très peu de lui, j'essaie de ne pas lui en vouloir. Je commence à être certaine que c'était la meilleure chose à faire pour aller mieux.  

Voilà où j'en suis globalement. C'est prometteur, ma vie a énormément changé depuis septembre. Le négatif a motivé le positif. Je commence à vraiment y croire. Je me donne les moyens. Je partage tout ça avec vous parce que je sais que je ne suis pas la seule à vouloir combattre ce type de problème – dans mon cas, ma tendance au renfermement et à la dépression. Alors courage à tout ceux qui veulent évoluer dans le bon sens. 

Love always,