dimanche 16 février 2014

Être en froid avec ma meilleure amie /2

Beaucoup de changements se sont opérés depuis l'entrée dans la nouvelle année. Pas forcément des changements auxquels je m'étais préparée, m'enfin, le temps est toujours plein de surprise, surtout quand on essaie tant bien que mal de planifier ce dernier. 

Je me sens mélancolique. Par rapport à un passé beaucoup plus proche qu'habituellement. Cette période de ma vie de laquelle je ne parle jamais (et dont je m'abstiendrai également de parler ce soir). C'est peut-être du fait que le temps passe, que je mûris, comme on dit. C'est un peu infantile de ne voir les choses que de tout de blanc ou de tout de noir. Les choses ont toujours été teintées d'une multitude de nuances. Il faut savoir le voir pour pouvoir l'accepter. C'est tout. 

Je suis une célibataire vraiment difficile. Pas dans le sens où j'aurais des goûts de princesse. Dans le sens où je suis toujours très dure avec moi-même, et plus particulièrement depuis que je me suis remise en couple avec la solitude. Un peu comme de vivre dans une maison remplie d'illusions que j'entretiendrais moi-même. Je me glisse dans un costume de mystères et je noie mes objectifs passés un par un dans ma jarre d'indifférence. Je sais que j'ai toujours voulu me voir comme une femme indépendante. Je sais que j'en rêve un peu, de savoir ce que je veux quand je le veux, de ne jamais laisser passer les occasions qui se présentent à moi pour faire du mieux que je peux. De n'hésiter que très peu. De ne pas baisser les bras face à des situations plus ou moins difficiles. Je ne pense pas traverser de situation difficile, surtout depuis que le dernier incident fut clos. Mais j'ai l'impression de moi-même me plonger dans une atmosphère un peu coupée du monde. De ne refaire que très difficilement surface. La réalité est là-haut et j'ai du mal à l'atteindre. Ou peut-être qu'inconsciemment, je la trouve beaucoup trop ennuyeuse. Je me crée des ennuis, des histoires... ? 

J'ai du mal à faire corps avec la réalité. Pourtant je sais que ça me manque, de ne plus me poser de questions. De ne plus rechercher de réponses. Et de me concentrer sur le moment présent. C'est ça, ce que je ne fais plus. Je ne me concentre pas sur le moment présent. Je le laisse s'échapper. Pourquoi ? Me mettre moi-même au défi ? A quoi bon ? Qu'ai-je donc à me prouver moi-même ? Qu'ai-je donc à y gagner dans tout cela, à part me mettre en retard sur mon propre temps ? Qui sait ce que demain me réserve, après tout. Qui sait. 

Cueille le jour. C'est comme si tout avait été déraciné. Qu'est-ce qui se dresse devant moi que je ne puisse pas voir, mais qui occulte inexorablement tout ce qui est réellement là ? C'est ça, la question que je me pose. Est-ce que je me voile la face ? Ai-je fait une erreur dans mon parcours alors que je tentais tant bien que mal de rectifier celles passées ? J'ai envie de retrouver le chemin de la réalité, et d'y reprendre goût. Je ne supporte plus de vivre dans mon propre monde. Je ne supporte plus tout ça. Je me suis peut-être laissé avoir quelque part, mais c'est du passé, et je ne dois plus en tenir compte maintenant. J'dois finalement aller de l'avant, bon sang. Avoir peur de ce qui m'attend ne fera pas aller les choses mieux. Bien au contraire. J'dois reprendre ma vie en main et ne plus laisser le hasard influer dessus. Tant que je le peux. 

C'est ce que j'ai fait quand je me suis finalement expliquée avec ma meilleure amie. Ca promettait d'être difficile de remettre le train en marche avec elle, mais on y est arrivées toutes les deux. Non sans l'aide aussi de son petit-copain sur le dos duquel j'avais mis la faute. Mais c'était encore une erreur de jugement. Entre elle et moi, il n'y a qu'elle et moi. Et c'est une règle que j'ai dû inconsciemment appliquer également lorsque j'ai rompu avec mon ex. La situation est encore à établir les limites, puisque je le revois quand même toujours tous les jours, du fait que nous suivons la même voie professionnelle. M'enfin, ça prend forme. Je n'ai peut-être pas assez fait attention les quelques fois qu'on s'est adressé la parole, au point de peut-être un peu envenimer les choses. Mais je ferai plus attention, jusqu'à ce que la prudence devienne un automatisme dans mes interactions. Je m'étais trop laissée aller. Pas seulement avec lui, mais voilà. Avec la vie en général. On ne vit pas en se laissant aller. Parce qu'on fini trop facilement à se laisser aller au désespoir et à la remise de notre destin dans les mains du hasard. Ce n'est pas ce que je veux pour ma vie future. Bien sûr, je n'ai absolument aucune idée de bien des choses concernant mes décisions futures, pas même du métier que je veux faire. Mais tout ce sur quoi je suis en mesure d'avoir un avis, je ne devrais vraiment pas le laisser filer. Voilà tout. 

Je sais ce que j'ai envie pour cette année, par exemple. Des projets que je n'ai toujours pas réellement débutés. Et il m'a fallut toute la sainte journée d'aujourd'hui pour en venir à ce constat. Je dois vraiment tout mettre en oeuvre pour mettre en place moi-même ce dont j'ai envie qu'il en soit ainsi. Pas vrai ? J'dois pas laisser filer mes envies. J'dois pas laisser filer mes possibilités. 

Bien sûr, en amour, c'est une toute autre histoire. La part d'incertitude est infiniment supérieure. C'est d'abord un travail sur moi-même. Et ensuite, une bête affaire de construction. Je ne cacherai pas que je ne parle de strictement personne en particulier. Je n'arrive pas à envisager quoi que ce soit de sérieux avec personne. On me dira que c'est parce que la rupture est encore bien trop fraîche. On me dira que c'est parce que je n'ai pas l'esprit encore assez mûr. Moi je pense que c'est plutôt parce que mon esprit n'est pas disponible. A remuer sans cesse dans l'eau trouble, c'est normal... c'est sûr. C'est pour ça que je disais qu'il s'agissait d'un travail d'abord sur moi-même. Réapprendre à m'aimer. Réapprendre à me faire confiance. Réapprendre à apprendre, à m'ouvrir, jusqu'à arriver à l'éclosion de ma fleur intérieure, tout en étant tout de même vivement enracinée dans mon individualité. Parce qu'il ne suffit pas d'avoir un modèle pour devenir. Il faut trouver l'osmose avec soi-même et sa propre histoire. 

Petite histoire du dimanche soir.