lundi 11 août 2014

Human contact

J'ai passé des moments difficiles, à me morfondre dans ma solitude et mes peines qui me pèsent de plus en plus chaque jour. A penser à toute la difficulté que je dois endurer pour pourvoir réaliser mes projets, à me dire que j'suis seule face à elle et qu'il y a des chances que je sombre avant d'arriver à voir le bout du nez de mon indépendance, mon Eldorado... Il m'a fallut du temps pour me rendre compte que c'est moi qui m'inflige ma propre solitude. C'est moi qui m'impose un mutisme insolent même face à mes plus proches amis. Le jour où j'ai finalement brisé le silence sur tous mes maux, en compagnie d'une personne qui ne savait presque rien de ma vie avant que je ne la lui dévoile, j'ai craqué. J'ai pleuré de longues minutes, remis en question tout ce qui fait de moi celle que je suis, tout ce qui constitue ma vie, toutes les lois tacites qui la régissent. 

Certaines de ces lois sont complètement absurdes.

Mon caractère s'est forgé au fil des années dans cette roche naïve et saine. Le temps m'a rendue tranchante au lieu de m'intégrer au paysage. J'ai pu comprendre que j'étais infiniment trop dure avec moi-même, et que mon image de moi-même était fausse. J'ai toujours eu l'impression d'être une fille capricieuse mais réaliste. En vérité, l'aspect capricieux n'est qu'une façade. Je ne me fais jamais passer avant mes amis. Je ne traite jamais ma propre urgence quand il le faudrait. Je prends sur moi, j'attends le dernier moment pour me confier. Et tout ce poids qui s'accumule me fait me cloîtrer dans une solitude malsaine doublée d'une façade hypocrite. 

Pourquoi je m'inflige tout ça ? Ai-je un jour été la personne que je croyais vraiment être, cette fille qui prend soin d'elle et qui prend ce qui lui est dû ? Je ne me suis jamais imposée pour pouvoir bénéficier de l'écoute de mes amis, même dans les moments les plus difficiles... Est-ce parce que je suis égoïste et que je préfère faire face à mes problèmes toute seule sans jamais laisser entrer personne ? Est-ce parce que je suis une froussarde qui n'aime pas prendre le risque de se faire rejeter ? Qu'est-ce que j'y perds à m'y essayer quand bien même ? A prendre mon courage à deux mains et à tout déballer à quelqu'un pour jouir d'un peu de sérénité ? Je me juge égoïste au point de m'empêcher de prendre cette sérénité, comme si je n'y avais pas droit. Alors que tout le monde a droit à une oreille attentive, tout le monde a droit à un temps de parole, pourquoi devrai-je me taire ? 

Mes soucis sont nombreux en cette période de ma vie, mais ils se font d'autant plus lourds lorsque je décide de ne pas en parler. Parce que je ne veux pas déranger, parce que j'ai peur, parce que je veux pas me faire remettre à ma place brutalement dans un moment de totale vulnérabilité, un moment pendant lequel mon coeur serait à nu.

Est-ce une question de confiance ? En moi-même ou bien aux autres ? J'ai du mal à définir le point qui me pose réellement problème. Qu'est-ce qui m'empêche de m'ouvrir, de quoi sont faites les briques de ma propre prison ? J'ai toujours dit que j'étais difficile avec les gens, mais il s'avère que c'est surtout avec moi-même que je le suis. 

Je n'ai pas toujours été comme ça, je me confiais beaucoup plus il y a quelques années, quand tout était beaucoup plus facile pour voir mes amis et que je ne connaissais pas la distance ou les emplois du temps overbookés. J'ai pas eu le temps de véritablement m'adapter à toutes ces nouvelles choses qui ont pris place dans ma vie, à savoir la distance et la quantité de travail à fournir quotidiennement qui me prend un temps considérable. Et j'en subis les conséquences. J'm'enferme dans un monde mauvais que je crée de toute pièce. J'ai la chance d'avoir fait connaissance avec les personnes qui me correspondent parfaitement. En qui je peux avoir pleinement confiance et sur qui je peux toujours compter. J'ai la chance d'avoir ce type de feeling avec les gens, de savoir en un regard si telle ou telle personne appartient à mon type de monde. Ce n'est pas de la catégorisation, ces gens sont tous différents et parfois ne se supportent même pas entre eux. J'ai juste cette chance, et je la laisse pourrir dans un tiroir pendant que je broie du noir... What the heck? 

Je ne suis jamais toute seule.

Avec tout ce que j'ai à faire cet été, préparer mes rattrapages, finir mon projet de stage, bosser sur mon rapport de stage et laisser ce même stage me bouffer mes journées, je trouve pas le temps de me laisser respirer. J'ai l'impression que j'dois me museler et me sangler à ma chaise de bureau pour être dans "de bonnes conditions". C'est une mesure impitoyable et absurde. C'est une de ces lois qui s'est installée bêtement dans mon système de vie et que je dois éradiquer à tout prix. J'ai pas besoin de me faire du mal pour mieux vivre. Je dois prendre mon temps, laisser mes émotions s'exprimer quand il le faut. Au final, on dirait pas comme ça, mais c'est une véritable preuve de contrôle de soi que de savoir quand appeler ses amis à la rescousse, quand faire un break, et prendre des dispositions pour soi.

C'est ça qu'il me manque : savoir prendre des dispositions pour moi.

jeudi 3 juillet 2014

Quitter le cocon familial

Chez mes parents, je me sens de plus en plus à l'étroit. Étouffée. De moins en moins l'envie de rentrer le soir, de passer du temps chez moi. L'espace de ma chambre ne me suffit plus. Je pense de plus en plus à mon avenir, aussi. A mon indépendance. Au moment où je prendrai enfin mes cliques et mes claques et trouverai le moyen de subvenir seule à mes propres besoins. 

Ma mère pense que c'est qu'un caprice. Et que je n'y arriverait pas toute seule. Que j'ai vraiment la chance d'avoir ma propre chambre pour être tranquille. Elle ne voit pas que je ne connais pas du tout la tranquillité. Faut voir les choses en face, famille nombreuse, nombreux frères et soeurs qui sont maintenant tous adolescents. Ils n'ont pas les mêmes objectifs que moi dans la vie. Leurs études ne leur tiennent pas vraiment à coeur. Ils se contentent du minimum afin de profiter de "la vie" du maximum en faisant le maximum de bruit. 
Parfois, j'ai vraiment l'impression qu'ils sont pas civilisés du tout. Qu'ils sont cons et qu'ils croient avoir toujours raison. Ils vivent n'importe comment et s'en contentent. Moi je n'y arrive pas. Je n'ai rien en commun avec ma famille. Un tempérament calme et solitaire comme le mien n'a rien à faire sur ce tableau. C'est lourd, pour moi, cette ambiance. Et c'est quelque chose que je vais peiner à expliquer à mes parents. 

Quoi qu'il en soit, ma décision a été prise il y a déjà plusieurs mois. J’échafaude un plan petit à petit pour arriver à mon objectif, avec des alternatives éventuelles. 

J'ai pas envie de laisser passer mes chances. J'ai pas envie de me sacrifier encore pour une famille qui me broie sans vergogne. Ce qui est vraiment terrible, c'est qu'en plus de penser que je ne serai jamais capable de vivre toute seule, ils pensent aussi que je n'ai rien du tout d'une fille sérieuse. Que j'demande plus de liberté afin de pouvoir mal tourner. Ils ne me font absolument pas confiance. Pourquoi devrai-je alors leur justifier mes prises de décision ? Ils ne me sont d'aucune aide. J'me sens vraiment rabaissée, dans ce milieu. Ma relation avec l'une de mes soeurs est même carrément malsaine. Elle croit me voir comme étant une petite fille prétentieuse et fondamentalement mauvaise alors que c'est exactement ce qu'elle est. Hypocrite, se servant des autres, faisant "genre" avec ses innombrables copines de lycée. Elle passe son temps à s'admirer, à raconter comment les garçons la voient et à s'occuper de son image pour sa vie sociale. 
J'suis pas bruyante et pas non plus friande de la foule. J'aime plus que tout me débrouiller toute seule, trouver mon propre mérite, et vivre sans trop de complications. 

C'est ce que je veux pour le prochain grand chapitre de ma vie. Et j'pense pas vouloir revenir en arrière.

vendredi 2 mai 2014

About...

On peut ne pas être habitué à lire des trucs aussi longs sur des blogs personnels. J'essaie pas réellement de faire avaler tout mon égocentrisme à qui passerait par là. Seulement, je trouve les « quêtes de réponses personnelles » intéressantes. J'aime en lire, et j'aime tenter de trouver mes propres réponses aux questions que je me pose quotidiennement, et que sans aucun doute, d'autres personnes se posent également.

J'en ai peut-être eu assez d'être trop concrète sur mon blog. Ma vie entière est déjà basée sur une infinité de choses concrètes. Elles n'ont cependant de sens pour moi seulement lorsque je leur trouve une "âme" si je puis dire. J'aime animer mêmes les choses les plus insignifiantes. J'ai longtemps dit que j'étais une "entre-deux". An inbetweener. Je pense toujours l'être. Je pense être cette fille tellement banale mais dont l'esprit fait tout pour ne pas l'être, bien à l’abri dans sa boîte crânienne. Je suis une chasseuse de sens, une chasseuse de réponses. Je me demande encore comment est-ce que tout ça se répercutera sur ma vie future, et j'espère qu'en comprenant cette facette de moi-même aujourd'hui, je m'épargne bien des déceptions plus tard en tentant tant bien que mal d'entrer dans des petites boîtes qui ne me correspondraient pas.

Je l'aurais peut-être laissé entendre, mais je ne suis pas passive. Je tends à anticiper, à savoir, et donc à pouvoir. A toute action précède une observation, et c'est à ce stade que je suis actuellement. 
Parce que peut-être qu'au bout d'un moment, on en a assez de se tromper et on décide de tout mettre en œuvre pour évoluer, et ne plus stagner sur un échec. Il faut faire preuve de prudence, cependant, parce qu'on est un funambule sur sa propre vie.

Voilà pour mettre au clair certaines de mes réflexions. Le dernier billet a aussi été édité pour préciser certaines de mes idées. Ça fait très "philosophie maison de piètre qualité", mais en réalité ça n'a pas tellement de prétention. Ça a de la valeur à mes yeux, bien sûr. Je me vois, quand je me relis, beaucoup mieux que si je me regardais à travers une glace. Mais ça ne se veut pas vérité générale. C'est un petit univers, le mien, que j'essaie de développer. Pour me sentir bien, tout ça. Me mettre en phase et ne pas rester à l'état de brouillon. 

C'est l'ambition qu'a ce blog. C'est une toute petite ambition qui se noie dans la blogosphère, mais sa présence a déjà quelque chose de réconfortant pour moi. 

C'est tout ce que je voulais faire comprendre. 

dimanche 27 avril 2014

Meet Dr. Jeckyll and Mrs Hyde

J'avais passé l'espace d'un weekend loin de chez moi. A Paris, pour être plus exacte. L'espace d'un weekend, j'ai pu me libérer l'esprit de toutes les obligations de la sphère dans laquelle je tente d'évoluer. J'étais loin de chez moi, et pourtant j'étais plus proche de moi-même. Un brouillard étonnement dense s'était dissipé le temps du trajet. Malheureusement cette libération s'avéra trop courte à mon goût. Vraiment trop courte.

En fait, c'est seulement quand on quitte tout ce beau monde qu'on se rend compte de la futilité de ces choses que l'on fait pour tenter de remplir un peu sa vie. Pas vrai ? Il suffit de passer quelques temps dans un endroit un peu coupé de notre monde pour s'en rendre compte. Il suffit de passer ce temps avec les bonnes personnes, pour en arriver à se poser les bonnes questions. Celles qui, en temps normal, restent tapies dans l'ombre de la routine quotidienne.

Les grandes remises en question, en somme.

C'est pas tellement dénué de sens, tout ce que je fais. Ma vie, comme elle est agencée, elle continue de me paraître comme étant relativement bien ficelée. M'enfin, tout ça pose tout de même certaines interrogations. Parce qu'il y a toujours des choses qui sont là, qui sont telles qu'elles sont, sans qu'on sache réellement pourquoi. Un petit trait de caractère. Une petite mauvaise habitude. Et puis tout ce qui en découle, que ce soit en actions, en paroles... en pensées.Voilà. C'est là, ça le reste, sans forcément trop de raison.

J'ai beaucoup insisté dans mes derniers billets sur le fait que je n'étais pas une nana qui faisait les choses « comme ça ». Je maintiens toujours cette bonne parole. Je ne suis pas une nana qui fait les choses « comme ça ». Je suis une obsédée du sens. Je suis nombrilocentrée ; je ne regarde réellement que les conséquences qui m'affectent. Je planifie tout autour de moi-même et je hais par dessus tout les fausses notes. Ces petits éléments flottants qui n'ont pas de place propre. Qui sont simplement là du fait d'une erreur de jugement ou d'un instant de folie.

J'suis pas vraiment très tolérante envers moi-même. Disons que je me supporte. Du moment que ces instants de folie restent rares et « contrôlés ». Car, même s'il est vrai que j'aime tout avoir sous « contrôle », je reste tout de même capable d'impulsivité forte. C'est ce qui me caractérise. Ce n'est pas vraiment que le contrôle m'échappe. C'est que je décide soudainement de me foutre des règles que je m'impose à moi-même. En fait, rien ne peut être réellement établi. Les serrures peuvent sauter à certains moments, sur un simple coup de tête. Bam. Et ensuite, quand le Dr. Jekyll reprend le dessus, il se contente de nettoyer après le passage de Mr Hyde.

Généralement, la mise en scène du « il ne s'est rien passé d'inhabituel » est salement réussie. Mais parfois, il y a un truc dérangeant. Une pièce manquante ou un petit élément qui ne devrait pas se trouver là. C'est une couverture ratée. Et c'est ce qui vient me perturber dans mes plus grands moments de faiblesse.

Personne n'est parfait, je me suis faite à cette idée il y a vraiment vraiment longtemps. Je ne suis pas madame tout le monde, et ça, je commence tout juste à l'imprimer. Quand on en sait un minimum sur ma vie, on s'en rend compte. J'suis très loin d'être madame tout le monde. Je vis dans ma propre bulle. Je n'ai nullement besoin d'en sortir pour être « bien ». Je ne dirai pas « heureuse », car peut-on réellement l'être ? Mais je peux être « bien ». Bien dans ma peau, bien dans ma vie, bien avec les quelques êtres vivants que je laisse m'approcher d'un peu plus près.

J'essaie continuellement de me comprendre. J'aimerais arriver à pouvoir m'anticiper. Pas me contrôler, et j'ai déjà expliqué la raison pour laquelle je n'y arriverai pas de toute évidence. Mais m'anticiper. Mais n'est-ce pas là tout de même une variante du self-contrôle ? J'entends que j'aimerais plutôt « me connaître » que « me contrôler ».
J'aimerais savoir un peu à l'avance toutes mes possibilités, celles que je serais en mesure de regretter le moins possible, celles qui correspondraient le mieux à celle que je suis réellement au moment de prendre mes décisions. J'essaie continuellement de me comprendre, de trouver un sens à tout ces choix que je fais, par rapport à moi-même ou bien par rapport à mon vécu, afin de pouvoir les inscrire dans une histoire, mon histoire ; sans quoi peut-être que je me laisserais délibérément choir dans un coin de ma chambre, me demandant finalement « à quoi bon ? ». A quoi est-ce que tout ça peut bien rimer ? Pourquoi j'devrais me plier à cette grande comédie qu'est la vie en société...

C'est pas une question que j'ai envie de me poser. Pour moi, d'ailleurs, cette question ne se pose pas. Peut-être que c'est un peu refuser de voir la futilité en face, mais j'aime mieux voir ma vie ainsi. Après tout, avec toutes les coïncidences (plus ou moins fortuites à mon sens) qui composent l'univers, pourquoi s'entêter à se poser ce genre de question ? « A quoi bon ? » Tout est là pour une raison, mon petit. Et tu feras tel ou tel autre choix en considération de l'une d'entre elles. C'est comme ça que ça marche. Car nous sommes de toutes les façons influencés par ce qui nous entoure, autant ne pas se borner à aller à contre courant quand cela ne nous mène à rien d'autre qu'à des complications qu'on ne peut pas gérer.

C'est peut-être parce que j'arrive à comprendre ça que la mort ne m'effraie plus vraiment. Je ne saurais dire si elle m'a un jour réellement effrayée. Même lorsque le suicide de Samantha m'avait terriblement affectée, je pense que c'était davantage sa résignation, son déterminisme qui m'effrayait plutôt que la mort en elle-même. Qu'est-ce que la mort, réellement ? Et de quoi a-t-on réellement peur quand on a peur de la mort ? De la souffrance ? La notre ? Celle d'autrui ? De l'ignorance ? L'ignorance est tenue pour acquise. Elle est là, elle ne bougera pas. Elle englobe la souffrance, aussi. On ne sait pas, après tout, si on souffrira. Alors pourquoi en avoir peur ? Pourquoi avoir peur de quelque chose dont on ne saura les plus intimes secrets qu'une fois qu'on y sera confronté soi-même ? Je ne pense pas avoir peur de la mort. Pas de la mienne. Peut-être pas non plus de celle de mes proches, même si j'en souffrirai. La mort, c'est un élément de notre histoire. J'ai l'impression de savoir pourquoi je n'en ai pas peur sans pour autant pouvoir l'expliquer. Je sais que quelque chose me rassure dans la mort. Quelque chose que peut-être Mr Hyde compte garder pour lui des temps durant.
La vie est tellement courte. Dire ça à seulement vingt ans, ça peut sembler paradoxal. Concrètement je ne sais absolument rien ce que me réserve ma propre vie. Les choix qui vont se présenter, les décisions que je vais prendre. Les conneries de Mr Hyde et leurs conséquences sur les décisions à prendre par la suite, tout ça. Je ne tiens pas mes principes comme immuables. Certains se révéleront peut-être plus tenaces que d'autres. Certains de mes principes tiendront tête, quoi qu'il advienne, à Mr Hyde, à ma volonté, au temps, ... Mais toutes les choses que j'énonce aujourd'hui sont loin d'être irrévocables à mes yeux, même si dans les conditions actuelles, elles semblent l'être.

Dans les moments où j'arrive à accepter ma vie telle qu'elle est – en tenant compte des périodes Hyde évidemment – j'en viens à me définir une certaine « ligne de conduite » pour la suite. Enfin, tu vois, le genre de principes généraux qu'on énonce intérieurement. Par exemple, j'me vois mal me marier un jour. J'me vois mal avoir des gosses. Et quand bien même j'en aurais un par la force des choses, j'me vois mal l'élever en couple.
J'suis une grande célibataire de la vie. Une grande solitaire. J'sais pas si j'arriverai un jour à me dire que j'me verrais bien emménager avec un tel ou une telle. J'suis du genre à y penser un instant, puis me dire « mais merde, j'vais où si j'ai besoin d'être toute seule ? ».

J'ai besoin de mon monde personnel. J'sais pas si ça s'est forgé avec toutes les relations longue distance que j'ai entretenues, ou si j'ai entretenu ces relations longue distance parce que je suis intrinsèquement solitaire. J'me vois mal me mettre des menottes. J'ai besoin d'un grand degré de liberté. J'ai besoin de pouvoir évoluer dans tous les sens. De ne dépendre de pas grand chose.

La dépendance... C'est quelque chose de terrible. C'est ce que je déteste le plus. Quand bien même certaines personnes trouveraient ça plutôt romantique, avec un certain stayle, tout ça. J'vais pas dire que j'me suis jamais essayée à des trucs susceptibles de me rendre dépendante. Mais ça n'a jamais pris. J'suis dépendante d'aucune substance, d'aucune personne non plus, à bien y réfléchir. Les choses et les personnes que j'aime peuvent s'en aller et revenir ; je n'en tiendrai jamais rigueur.

La dépendance. La lassitude ? Serait-ce parce que je suis une personne qui se lasse ? Est-ce que je me lasse ? Je ne sais pas. Je reviens toujours, après un laps de temps plus ou moins long. Il peut peut-être arriver que, parfois, je ne revienne pas, et ça voudrait alors dire que ça n'avait pas tellement de sens pour moi. Les substances, tout ça, ça n'a pas de sens. Mais cette caractéristique, celle des vas et viens permanents à toute chose, à toute personne, me permet au moins de définir une chose. C'est que les personnes ou les choses qui sont toujours là malgré tout ce temps et tous ces mouvements, ce sont les choses qui me correspondent le plus. C'est ce qui serait le plus proche de me définir. Je rapporte toujours tout à moi-même, je m'en rend compte, j'en suis pas toujours très fière d'être aussi égocentrée en toute circonstance, mais c'est ainsi. Je suis ma propre observatrice, ma propre scientifique, ma propre psychologue, ce genre de trucs. J'me vois mal me livrer à quelqu'un d'autre que moi-même, laisser quelqu'un d'autre me définir. Et même si je donne l'impression de me livrer à des inconnus à travers ce blog, ça ne se présente absolument pas comme ça de mon point de vue.

Pourquoi un blog plutôt qu'un journal, alors ? Parce que c'est ce qui me correspond le mieux. Parce que j'aime taper à la vitesse de mes idées, parce que je voudrais laisser cette trace de moi, parce que ça n'aurait pas de sens de tout recenser dans un carnet qui resterait au fond d'un tiroir. Je demande pas vraiment d'avis à ceux qui me lisent. Plutôt une écoute. Y a pas d'avis à avoir. J'suis comme ça et je pense me connaître suffisamment pour ne pas avoir besoin de demander l'avis d'un tiers. Je m'expose bien sûr au jugement. Parce que j'suis pas madame tout le monde, tout ça. Parce que j'vis à ma façon, que j'donne l'impression de péter plus haut que mon cul pour certains (étonnamment je ne semble péter plus haut que mon cul qu'aux yeux de ceux qui n'ont fait qu'un passage rapide dans mon univers, ce qui, semblerait-il, en dirait long sur ce type de propos). J'm'expose au jugement, mais voilà, j'suis pas tellement dépendante de l'opinion d'autrui. J'suis pas tellement intéressée par les avis qu'on me donne sur ma propre vie. Elle ne va changer pour les beaux yeux de personne si ce n'est ceux de Mr Hyde. Pas même pour les miens, à vrai dire. J'ai pas tellement de contrôle sur tout ça. J'me contente d'un petit degré de régulation, et de l'after. Ce moment de réveil d'après guerre. Ce moment où j'm'explique à moi-même et je range tout à sa place d'origine. Ou à sa nouvelle place.

Est-ce qu'on serait capable de se servir de tout ce que je livre ici contre moi ? J'ai l'impression que c'est déjà arrivé. C'est peut-être ce qu'est l'un de ces flottements sans queue ni tête dont je parlais tout à l'heure. Seulement, est-ce que ça voudrait dire que je dois tout enlever pour me protéger, ou bien au contraire, que c'est en rendant public tout ce qui serait susceptible de me fragiliser que je serais le plus à même de me protéger ? La question se pose, c'est vrai. Après tout, quelle est la probabilité pour que quelqu'un qui me veuille réellement du mal passe sur ces quelques pages web ? Mais d'un autre côté, ça rendrait mon blog plus personnel, d'entrée plus limitée, un peu comme une salle d'entraînement personnelle.

Ce blog, c'est ma salle d'entraînement personnelle.

J'disais que je n'étais pas vraiment tolérante avec moi-même, mais je me trompais, au final. J'suis très tolérante. Et pas qu'avec moi-même, pour être exacte. Je me protège. Je protège aussi mes proches de Mr Hyde du mieux que je le puisse. Je répare ses erreurs, les mets sur le dos de quelqu'un/quelque chose d'autre que moi-même (parce que bon, soyons francs, on le fait tous et ça sauve pas mal de situations), tout ça. Mais tout ça, ça ne fonctionne qu'à la seule et unique condition que je garde un certain degré de liberté pour moi-même. Et il n'est pas minime. On peut se dire que, parce que je vis chez mes parents, je serais tout à fait capable de faire un jour une colocation ou bien carrément vivre avec quelqu'un du moment que ces gens soient assez proches de moi pour s'assimiler à ma situation actuelle. Je ne suis pas du même avis. Parce que je me rends bien compte que, malgré le fait que j'ai ma propre chambre et qu'on me lâche relativement la grappe une fois que je m'y retire, j'ai tout de même souvent l'impression de ne pas être tranquille. De ne pas pouvoir. Personne ne s'en rend compte, mais je le vis mal dans ces moments là. Ça a peut-être aussi un rapport avec le fait que je sois très « cyclique » si j'puis dire, m'enfin, c'est tout de même pas la joie. J'suis pas encore suffisamment indépendante de mes parents pour pouvoir penser à me prendre un petit appart seule, mais ça viendra. Et je pense que ça me fera le plus grand bien. Parce qu'à ce moment là, j'aurais atteint l'indépendance qui me fait tellement rêver à l'heure actuelle. J'suis du genre à bien faire les choses et à ne pas les précipiter, quand il s'agit de grands projets. Alors laissons le temps venir pour tout cela.

Laissons le temps venir.

mercredi 19 mars 2014

Being single, whatever

(Cet article est en reconstruction)

Y a des choses qui ne changent pas. Des rapports aux choses qui restent les mêmes quoi qu'il advienne, quand bien même on s'évertuerait à moduler l'inconnue x de l'équation. J'comprends bien que je ne vivrai jamais le type de relation que j'envie parfois au sein des autres couples. Je n'ai d'ailleurs jamais vécu quelque chose de semblable. C'est le genre d'événement qui entre dans ma vie comme une goutte de nitroglycérine. Explosion de passion, et puis débris d'après guerre. C'est là où j'en suis, en ce moment. L'after

C'est tellement traitre quand tes narines frétillent au doux parfum fleuri du flirt. Au début c'est toujours un peu tout rose, tout excitant, voire cerclé des chaînons de l'interdit. C'est tellement attrayant, c'est vrai. C'est tellement traitre que j'ai fini par l'assimiler et ne plus être aussi réceptive aux voluptés. J'deviens pas difficile, j'deviens inaccessible. Comme si ça n'était plus de mon âge, comme si je ne buvais plus de ce thé là. 

J'me comprends et m'accepte, en quelque sorte. J'n'entends plus forcer quoi que ce soit d'advenir envers et contre tout. Ces histoires se terminent toutes de la même manière, et je connais cette fin avant même que ça ait commencé. Je n'en ai plus envie. Je ne suis plus du tout attirée. J'ai un peu peur que ça tourne à l'aversion totale, mais voilà, c'est le stade où ça en est, à peu près. 

Ca fait partie du fait que j'commence vraiment à savoir ce que je veux -- ou plutôt et surtout ce dont je ne veux pas. Et je ne veux plus me rebeller contre mon propre système. J'sais très bien ce que j'attends de la vie, ce que j'attends des gens qui entrent dans la mienne. J'n'ai vraiment plus envie de goûter les saveurs des alentours, ce qui fleurit sur ma propre voie devra me contenter, et je me montrerai beaucoup plus attentive à tout ce qui constitue mon petit monde de vieille ado. 

L'amour, je l'ai jamais trouvé. Mais j'me suis beaucoup perdue en le cherchant. Inutile de gaspiller davantage de temps, si les choses sont réellement écrites, il saura où me trouver. 


samedi 1 mars 2014

Ce soir, c'est limpide

Tu sais, y a de ces soirs où tu as l'impression d'avoir toujours eu les réponses. Ce soir, c'est limpide. J'ai l'impression que tout est facile. J'ai l'impression que tout est possible. J'ai l'impression de me voir et de voir mon monde. De voir l'engrenage de tout ce bazar qui prend tout son sens. C'était toujours ce sentiment, que je recherchais. Ce sentiment d'avoir une emprise sur ce qui m'échappe. C'est ce sentiment que je cherche quand je range pour la mille-et-unième fois ma chambre, à la recherche d'un truc qui serait pas à sa place. C'est ce sentiment que je cherche quand je tourne en rond chez moi en attendant que l'eau arrive à ébullition pour le thé. 

Ce soir, ça m'apparait. J'ai l'impression que j'ai pas ressenti ça depuis une éternité. Ce petit truc qui te donne l'impression de savoir ce que tu fais, de savoir ce que tu veux. De quoi sera sans doute fait ton lendemain. 

Je sais pas si c'est parce que j'ai assez dormi ou que j'ai réussi à mettre au clair la plus grosse embrouille familiale de tous les temps. Mais là, ce soir, j'ai l'impression d'avoir mon âge. J'ai l'impression d'être en phase. Comme si la lune était parfaitement calibrée avec la terre. J'ai l'impression de savoir qui je suis, même si c'est indescriptible verbalement. Je vois mon reflet différemment, vraiment comme si la nana qui se tenait là avait un véritable présent. 

Je vais vous avouer que plus le temps passe, plus j'ai l'impression que mes sujets, sur ce blog, se tarissent. Les anciens articles ne sont plus du tout d'actualité, ils ne sont plus du tout là pour être lus. Ils servent juste un peu d'étalonnage dans mon avancement personnel. Je dois avouer que je vois de moins en moins l'intérêt de regarder en arrière. Je vois mon avenir comme il pourrait être si je décidais finalement de vivre pleinement mon présent. C'est peut-être d'un narcissisme énorme, mais j'crois bien que c'est à ça que j'm'adonnais toutes ces années où j'avais un blog. Au début, je pouvais pas vraiment mettre les mots dessus. Par la suite, je me suis beaucoup perdue. Perdue moi-même et perdu de vue mes objectifs. Aujourd'hui, je repars en phase. Y a-t-il réellement eu du mouvement entre hier et aujourd'hui ? Je pourrai jamais le dire. Ce qui est sûr, c'est que je me sens mieux. Et, ayant finalement réglé une partie de mes propres conflits internes, j'peux finalement me focaliser sur autre chose. J'regardais beaucoup mon nombril, je sais. J'me soignais. J'me surveillais. Je ne pense plus que ce soit très utile. 

Y a des affaires qui finissent par se ranger toutes seules. J'dis pas que c'est la fin, mais que c'est le début. Ce blog, j'arrête d'essayer de lui trouver un sens et de me donner des obligations. Il me représentera le mieux, comme ça. 

J'abandonne plein d'idées pour me concentrer sur celles qui ont toujours été fondamentales mais qui ont un peu été occultées par tout le reste. Je sais pas si on me comprendra, mais voilà, tout est dit.

Bref, c'était ma pensée de ce soir. Bonne nuit.  

dimanche 16 février 2014

Être en froid avec ma meilleure amie /2

Beaucoup de changements se sont opérés depuis l'entrée dans la nouvelle année. Pas forcément des changements auxquels je m'étais préparée, m'enfin, le temps est toujours plein de surprise, surtout quand on essaie tant bien que mal de planifier ce dernier. 

Je me sens mélancolique. Par rapport à un passé beaucoup plus proche qu'habituellement. Cette période de ma vie de laquelle je ne parle jamais (et dont je m'abstiendrai également de parler ce soir). C'est peut-être du fait que le temps passe, que je mûris, comme on dit. C'est un peu infantile de ne voir les choses que de tout de blanc ou de tout de noir. Les choses ont toujours été teintées d'une multitude de nuances. Il faut savoir le voir pour pouvoir l'accepter. C'est tout. 

Je suis une célibataire vraiment difficile. Pas dans le sens où j'aurais des goûts de princesse. Dans le sens où je suis toujours très dure avec moi-même, et plus particulièrement depuis que je me suis remise en couple avec la solitude. Un peu comme de vivre dans une maison remplie d'illusions que j'entretiendrais moi-même. Je me glisse dans un costume de mystères et je noie mes objectifs passés un par un dans ma jarre d'indifférence. Je sais que j'ai toujours voulu me voir comme une femme indépendante. Je sais que j'en rêve un peu, de savoir ce que je veux quand je le veux, de ne jamais laisser passer les occasions qui se présentent à moi pour faire du mieux que je peux. De n'hésiter que très peu. De ne pas baisser les bras face à des situations plus ou moins difficiles. Je ne pense pas traverser de situation difficile, surtout depuis que le dernier incident fut clos. Mais j'ai l'impression de moi-même me plonger dans une atmosphère un peu coupée du monde. De ne refaire que très difficilement surface. La réalité est là-haut et j'ai du mal à l'atteindre. Ou peut-être qu'inconsciemment, je la trouve beaucoup trop ennuyeuse. Je me crée des ennuis, des histoires... ? 

J'ai du mal à faire corps avec la réalité. Pourtant je sais que ça me manque, de ne plus me poser de questions. De ne plus rechercher de réponses. Et de me concentrer sur le moment présent. C'est ça, ce que je ne fais plus. Je ne me concentre pas sur le moment présent. Je le laisse s'échapper. Pourquoi ? Me mettre moi-même au défi ? A quoi bon ? Qu'ai-je donc à me prouver moi-même ? Qu'ai-je donc à y gagner dans tout cela, à part me mettre en retard sur mon propre temps ? Qui sait ce que demain me réserve, après tout. Qui sait. 

Cueille le jour. C'est comme si tout avait été déraciné. Qu'est-ce qui se dresse devant moi que je ne puisse pas voir, mais qui occulte inexorablement tout ce qui est réellement là ? C'est ça, la question que je me pose. Est-ce que je me voile la face ? Ai-je fait une erreur dans mon parcours alors que je tentais tant bien que mal de rectifier celles passées ? J'ai envie de retrouver le chemin de la réalité, et d'y reprendre goût. Je ne supporte plus de vivre dans mon propre monde. Je ne supporte plus tout ça. Je me suis peut-être laissé avoir quelque part, mais c'est du passé, et je ne dois plus en tenir compte maintenant. J'dois finalement aller de l'avant, bon sang. Avoir peur de ce qui m'attend ne fera pas aller les choses mieux. Bien au contraire. J'dois reprendre ma vie en main et ne plus laisser le hasard influer dessus. Tant que je le peux. 

C'est ce que j'ai fait quand je me suis finalement expliquée avec ma meilleure amie. Ca promettait d'être difficile de remettre le train en marche avec elle, mais on y est arrivées toutes les deux. Non sans l'aide aussi de son petit-copain sur le dos duquel j'avais mis la faute. Mais c'était encore une erreur de jugement. Entre elle et moi, il n'y a qu'elle et moi. Et c'est une règle que j'ai dû inconsciemment appliquer également lorsque j'ai rompu avec mon ex. La situation est encore à établir les limites, puisque je le revois quand même toujours tous les jours, du fait que nous suivons la même voie professionnelle. M'enfin, ça prend forme. Je n'ai peut-être pas assez fait attention les quelques fois qu'on s'est adressé la parole, au point de peut-être un peu envenimer les choses. Mais je ferai plus attention, jusqu'à ce que la prudence devienne un automatisme dans mes interactions. Je m'étais trop laissée aller. Pas seulement avec lui, mais voilà. Avec la vie en général. On ne vit pas en se laissant aller. Parce qu'on fini trop facilement à se laisser aller au désespoir et à la remise de notre destin dans les mains du hasard. Ce n'est pas ce que je veux pour ma vie future. Bien sûr, je n'ai absolument aucune idée de bien des choses concernant mes décisions futures, pas même du métier que je veux faire. Mais tout ce sur quoi je suis en mesure d'avoir un avis, je ne devrais vraiment pas le laisser filer. Voilà tout. 

Je sais ce que j'ai envie pour cette année, par exemple. Des projets que je n'ai toujours pas réellement débutés. Et il m'a fallut toute la sainte journée d'aujourd'hui pour en venir à ce constat. Je dois vraiment tout mettre en oeuvre pour mettre en place moi-même ce dont j'ai envie qu'il en soit ainsi. Pas vrai ? J'dois pas laisser filer mes envies. J'dois pas laisser filer mes possibilités. 

Bien sûr, en amour, c'est une toute autre histoire. La part d'incertitude est infiniment supérieure. C'est d'abord un travail sur moi-même. Et ensuite, une bête affaire de construction. Je ne cacherai pas que je ne parle de strictement personne en particulier. Je n'arrive pas à envisager quoi que ce soit de sérieux avec personne. On me dira que c'est parce que la rupture est encore bien trop fraîche. On me dira que c'est parce que je n'ai pas l'esprit encore assez mûr. Moi je pense que c'est plutôt parce que mon esprit n'est pas disponible. A remuer sans cesse dans l'eau trouble, c'est normal... c'est sûr. C'est pour ça que je disais qu'il s'agissait d'un travail d'abord sur moi-même. Réapprendre à m'aimer. Réapprendre à me faire confiance. Réapprendre à apprendre, à m'ouvrir, jusqu'à arriver à l'éclosion de ma fleur intérieure, tout en étant tout de même vivement enracinée dans mon individualité. Parce qu'il ne suffit pas d'avoir un modèle pour devenir. Il faut trouver l'osmose avec soi-même et sa propre histoire. 

Petite histoire du dimanche soir.


jeudi 23 janvier 2014

Le suicide de ma plus vieille amie

Aujourd'hui, on est le 25 janvier. Je n'ai pas pu l'écrire plus tôt bien que je pensais à l'idée de cet article il y a déjà plus d'un mois. Je voulais parler du 22 janvier d'il y a un peu plus de 6 ans. C'est une époque qui ramène à la surface tellement de souvenirs et de sentiments quand j'y repense... c'est dingue. J'ai l'impression que jamais ma vie n'a été plus profonde et profondément marquée que pendant ces quelques années où j'étais encore collégienne. Comme si toute mon essence s'était évaporée dans les années qui ont suivi. Comme si je n'étais plus cette petite fille que j'arrive encore à tellement envier. 

Quand je me décris aujourd'hui, il y a du bon comme du mauvais. Quand je reviens à la lycéenne que j'étais, il y a beaucoup plus de mauvais que de bon qui me vient à l'esprit. Et enfin, quand j'en viens au stade collégien, il n'y a pratiquement plus que du bon qui remonte. Pourquoi ? Parce que je trouve que, malgré mon jeune âge et la situation dans laquelle nous vivions à cette époque, moi et ma famille, je trouve que j'avais l'esprit vraiment riche et fertile. Que l'envie ne me manquait pas, que tout m'intéressait, que tout était vivant, que tout me faisait rêver. J'étais aussi pure qu'il était possible de l'être pour mon âge. Je voyais le bon même dans ce qui pouvait paraitre comme étant être sale, je voyais les gens même si ma compréhension n'était que superficielle, j'arrivais à voir les choses telles qu'elles étaient sans trop me torturer l'esprit sur le pourquoi du comment. Je rêvais, j'allais à l'école, je riais, j'expérimentais des choses et d'autres. J'écrivais, surtout. Je tenais un journal intime depuis mon entrée au collège et je ne m'en lassais jamais. J'étais pleine de vie et d'ambitions, j'étais pleine d'envie, et ça se ressent quand il m'arrive de me relire. Bien sûr, je me trouve bête et immature, mais parfois, j'étais impressionnée par celle que j'étais déjà à cet âge là, en comparaison de mes plus jeunes soeurs qui sont loin d'avoir la même mentalité. 

Sans vivre des choses folles, j'étais pourtant une petite fille qui ne manquait de rien à proprement parler. Je vivais en toute modestie, et c'est peu dire, parce qu'aujourd'hui quand on voit les jeunes dans la rue, dans le bus, on a l'impression que leurs parents ont tendance à tout leur donner et qu'ils encore le loisir de se plaindre. Moi non, je n'avais rien de spécial à cet âge là. Je n'avais pas d'argent de poche, je n'avais pas le moindre gadget électronique, pas de portable, pas d'ordinateur, pas de quoi jouer virtuellement, et les possibilités de regarder la télé étaient rares puisque les feuilletons de ma mère avaient la priorité sur nos dessins animés favoris, et mon père veillait au grain à ce qu'on ne regarde pas n'importe quoi à la télé. 

C'est pas le genre d'enfance qui courre les rues en ce moment, c'est sûr. Même mes frangins ne l'ont pas vécu de cette manière là. Mais j'ai l'impression que bien qu'on puisse s'en étonner, non, ce n'était absolument pas "injuste" pour moi. D'ailleurs, je ne le voyais pas comme ça. Je m'adonnais à bien plus de choses encore. Pas comme aujourd'hui où j'ai l'impression de ne rien avoir à faire du tout quand les vacances pointent le bout de leur nez après mes partiels. A cet époque là, j'étais pleine de ressources. J'écrivais vraiment beaucoup. En plus d'écrire constamment dans mon journal intime, j'écrivais des lettres à ma meilleure amie. Des lettres pleines de dessins et de jeux en tout genre, des mots pendant les cours ; on n'avait pas de téléphone portable, certes, et alors ? Qui dit que la communication passe essentiellement par ça ? D'ailleurs, quand on y réfléchit bien, les gens les plus épanouis dans leur vie et vivant à 100% leurs passions sont bien plus souvent celles qui ont des accès limités à toute cette technologie qui pourrait se montrer comme étant néfaste à nos pauvres petits cerveaux un tantinet trop influençables. J'écrivais aussi des petites nouvelles. Des histoires d'amour, principalement, dans lesquelles je remodelais nos vies, à moi et mes meilleures amies. J'adorais ça. Et puis plus tard encore, je m'adonnais même à l'écriture de poèmes. Même s'ils étaient d'un style douteux, ils arrivaient quand même à témoigner de l'envie d'être différente que j'avais. Mon envie d'être beaucoup plus profonde que ne laissaient le croire les apparences. J'avais envie de tellement de choses. Et quand je n'étais pas aussi active que ça, j'empruntais des milliers de livres et des milliers de CDs à la médiathèque de mon quartier. J'y allais tellement souvent que j'aurais pu indiquer à qui me l'aurait demandé l'emplacement précis de telle ou telle oeuvre sur l'une des étagères de la bibliothèque. 

Comme je n'avais pas de lecteur CD personnel, je m'enfermais dans la chambre de mes parents, assise sur le rebord du lit face à la coiffeuse de ma mère, et j'écoutais en boucle les chansons d'Avril Lavigne, Green Day ou encore The Offspring, les paroles sous les yeux, jusqu'à me souvenir de la moindre petite note de chaque morceau de musique. 

J'étais comme ça quand j'étais plus jeune. Je trouvais toujours quoi faire, quand ce n'était pas mes devoirs, et je faisais toujours tout à fond, même mes devoirs. Tout était propre et rangé dans ma tête. Tout avait sa place. Tout doit toujours avoir sa place. L'un de mes petits troubles compulsifs. Bien sûr, les choses n'étaient pas toujours heureuses, mais ce ne sont pas les souvenirs malheureux qui me reviennent en premier. C'est plutôt la multitude de projets que j'avais en tête et auxquels je m'adonnais de manière plus ou moins solitaire. Des fois, je me sentais un peu écartée de mes amies, parce que c'était aussi l'époque de la super série One Tree Hill et que je n'avais absolument pas l'occasion de la regarder. Je n'avais d'ailleurs pas vraiment d'intérêt à la regarder, mais c'était simplement pour ne pas être écartée de la conversation de temps à autres. En fait je crois que les choses qui ne m'intéressaient pas ne pouvaient pas s'ancrer dans mon esprit à cet époque là. Donc je ne retenais jamais les jours de diffusion et donc au final, je n'avais jamais regardé cette série. Mais ça ne changeait pas grand chose à ma vie, elle était déjà bien assez riche comme ça. 

Mes premières nuits blanches ? Je les ai passées à lire différentes sagas. J'étais vraiment fan de lecture en tout genre. Des produits jeunesse, majoritairement. Des mangas aussi, mais j'adorais surtout les romans. Et puis parfois, je dessinais. C'est d'ailleurs pour ça que j'avais tellement envie de m'y remettre ces derniers temps. Parce que j'adorais aussi dessiner. Mes premiers vrais dessins, c'était chez ma grand-mère que je les avais faits. Un clown d'après une carte postale. Je l'avais réussi et puis, je m'ennuyais, alors je lui ajouté des dents et des ombres effrayantes, au point qu'il aurait pu être le personnage d'un de ces films d'horreurs sensation (c'était pas d'ailleurs "ça" que ça s'appelait ?). 

Le dessin, c'était une espèce de petite passion que j'avais découverte en primaire. En compagnie de ma meilleure amie de l'époque. En fait, en primaire, je ne sais plus si c'était en CE2 ou en CM1, toujours est-il que j'avais manqué 14 jours de classe à la rentrée. Pourquoi ? Parce que j'étais revenue tard de vacances au bled. Pourquoi ? Parce qu'on avait dû décaler notre vol à l'allée. Pourquoi ? Parce que ma mère s'était fait une fracture de la jambe peu avant qu'on parte. C'est une période qui me fait encore frissonner, le fait d'avoir vu ma mère dans un lit d'hôpital avec une mine si pâle, comme si elle avait quelque chose de grave alors que ce n'était qu'une fracture... Ca m'avait fait pleurer. C'est ma maman, c'est normal. Mais même aujourd'hui, j'en ai encore la gorge qui se noue d'y repenser. 

Bref, j'avais fait ma rentrée 14 jours en retard. J'avais fait ma rentrée 14 jours en retard dans une classe où je ne connaissais pas beaucoup de monde alors même que c'était toujours la même école. Et ça m'avait fait du bien parce que mes fréquentations étaient un peu malsaines dans les classes précédentes. Là, j'étais la nouvelle, alors tout le monde s'intéressait à moi. Et je n'ai eu aucun mal à rejoindre un groupe d'amies. 

Malheureusement, le passé fini toujours par nous rattraper, et alors que j'avais délaissé toutes ces petites filles pourries gâtées qui me faisaient du tort, elles étaient d'elles-mêmes revenues à la charge dans l'optique de ne plus me laisser aucune amie. Je ne sais pas comment ça se faisait, mais leur influence était grande, et j'ai été peut-être un long moment délaissée par celles que j'appelais mes amies au début de l'année. Je ne pense pas que j'en avais parlé à ma mère, parce que cette fille et ses amies m'avaient tellement causé de problèmes les années précédentes que je n'avais vraiment plus envie d'avoir de scandale à l'école. 

J'ai simplement laissé couler. Et puis à un moment, je me suis rendue compte que l'une de mes amies, la plus proche en réalité, ne comptait pas me délaisser aussi facilement. Bien sûr, pour la forme, elle devait ne pas m'adresser la parole en public. Mais elle ne participait pas aux mesquineries des autres filles et, dès que la voie était libre, elle revenait vers moi me parler et jouer avec moi. Cette petite fille, elle s'appelait Samantha. Elle était une fervente adoratrice des animaux, quels qu'ils soient, et son passe temps favori était le dessin. Mais elle était douée pour plein d'autres choses encore, comme le chant à la chorale de l'école où j'étais également inscrite. Bref, Samantha, c'était un peu la fille que j'admirais le plus à cette époque. Déjà, parce que c'était une vraie amie. Elle m'a fait comprendre le sens de l'amitié, la vraie. Et ensuite, parce qu'elle était tellement pleine de vie et de ressource que je ne pouvait jamais m'ennuyer avec elle. C'est peut-être d'elle que venait toute mon inspiration les années qui suivirent. Toujours est-il qu'elle ne me laissait pas tomber au point même qu'elle avait réussi à faire revenir toutes mes autres amies vers moi, ces mêmes amies qui étaient parties sans se retourner du simple fait qu'on leur ait dit de sales mensonges par simple cruauté envers moi. Je ne comprendrai peut-être jamais pourquoi ces filles m'en voulaient autant. Je ne saurai peut-être jamais ce qui les a poussé à ne jamais me laisser tranquille au point de vouloir me voir sans amies alors même que je ne causais de tort à personne. Loin de là. J'étais tellement simplette en primaire que voilà, je ne rendais jamais le mal qu'on me faisait. 

Mes amies avaient fini par dire à ces filles qu'elles disaient n'importe quoi sur moi et que j'étais une fille gentille et que c'était méchant de m'avoir fait tout ça alors que je n'avais jamais rien fait à personne. 

J'étais émue même si je pense que je ne savais pas trop quoi en penser ni même quoi en dire, de tout ça. Alors j'ai peut être tout accepté, comme à mon habitude. J'avais accepté le fait d'être laissée pour mon compte et le fait d'avoir à nouveau un semblant de popularité. Je n'avais cherché ni l'un ni l'autre. Je l'acceptais quand ça venait. 

Samantha avait un peu sauvé mon enfance. 

Samantha était très appréciée, et très gentille. Elle influençait davantage que les méchantes filles qui me voulaient du mal. Elle avait des amies même dans les autres écoles. Et puis au collège, j'avais appris que ma meilleure amie (actuelle), celle que je considère presque comme ma soeur, avait également eu Samantha comme meilleure amie quand elle était plus jeune, simplement parce qu'elles jouaient dans le même parc quand elles étaient petites. 

Bref, on était toutes un peu le même type de petites filles. On était toutes inspirées par les mêmes choses, pleines de gentillesses envers autrui, pleines de ressource, pleines d'envie. Qui aurait cru que les choses auraient tourné aussi différemment pour chacune d'entre nous. Et aussi tragiquement pour l'une d'entre nous. 

Le collège, c'était la période de transition. C'était là où j'avais le plus murit, où j'avais le plus évolué dans le bon sens. J'avais plus de popularité et plus d'influence moi-même. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. J'étais appréciée aussi bien par les gens biens que par les gens un peu plus rebelles. J'étais appréciée par les profs au vu de mes résultats et de mon bon comportement. Cependant, ceux qui nous connaissaient ma meilleure amie et moi, savaient qu'on était vraiment des filles pleines de surprises et qui ne se laissaient absolument pas faire. On était pleines de ressource, pleines d'idées, on faisait un peu les folles, surtout elle, ce qui m'avait permis de beaucoup me décoincer. Parce que c'était peut-être ça qui gênait en primaire, j'étais la petite fille sans tâches. Je faisais attention à tout, je ne disais jamais de mauvaises choses et j'étais très discrète. J'étais la petite fille à laquelle on faisait des tâches. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il m'arrive de recroiser la fille actrice de tous mes maux de primaires. Et je m'en fous un peu d'elle. Je ne m'intéresse pas vraiment à ce qu'elle fait, ni à ce qu'elle devient. Quand je la croise, je sens qu'elle a changé, mais ça ne me fait ni chaud ni froid. Elle avait été une amie très proche avant qu'elle ne décide de s'en prendre aussi fiévreusement à moi. C'est tout. C'est tout ce que je retiens. 

Le collège, c'était la période la plus riche de mon histoire personnelle. Si je pouvais raconter toutes nos aventures, je n'en finirais pas. Il y a celles dont je suis fière, et celles dont je ne parlerai peut-être jamais mais auxquelles je ne pense jamais sans en être morte de rire ou même complètement honteuse... Enfin, ce sont les anecdotes qui nous ont permis de nous découvrir nous-mêmes. J'ai eu l'impression de tout perdre en entrant au lycée et en laissant ma meilleure amie partir pour l'étranger. Mais je n'aurais jamais dû penser tout ça. J'aurais dû continuer à m'épanouir, avec ou sans elle, sans regrets. Parce qu'au final, aujourd'hui, c'est sans regrets que je repense à tout ce que j'ai traversé durant toutes ces années. J'y pense toujours avec un sourire aux lèvres. Même pour les parties les plus sombres de mon histoire. 

Samantha, elle, fait partie de l'ombre et de la lumière. Il y a toujours des choses qu'on aurait voulu changer. Il y a toujours des choses dont on n'est pas fier. Mais toutes ces choses ne sont pas là sans raison et le plus raisonnable est d'accepter le fait qu'elles aient trouvé leur place, à un moment donné, à un endroit donné, dans notre histoire personnelle. 

Samantha fait partie de la lumière. 

Samantha fait partie de l'ombre. 

L'ombre, c'est en fait l'incompréhension. C'est l'inconnu. C'est ce que je ne sais pas, ce que j'ignore. C'est ce qui m'a le plus fait souffrir lors de ces 4 années de collège. C'est la période qui m'a fait me perdre un tant soit peu, au point de risquer ma meilleure amie et de me risquer moi-même. 

Je ne sais pas, c'est un enchainement d'événements. Tout est enchevêtré au point de ne plus savoir ce par quoi ça avait commencé. 

Samantha, c'est mon amie d'enfance. C'était l'amie d'enfance de tout le monde. Elle avait peut-être un peu changé sans que personne ne s'en rende vraiment compte. Elle était passé de la lumière à l'ombre. Sans que personne ne l'ait vraiment vu faire. 

C'est elle que j'avais croisé un jour de classe alors que j'allais vers le collège. Elle, elle marchait d'un pas décidé à contre-sens. Je ne m'étais pas posé de question, je ne m'en posais pas vraiment, les gens faisaient ce qu'ils voulaient et je ne jugeais jamais, je n'avais pas cette capacité. Ce n'est qu'après coup que j'ai su. M'enfin, moi, j'avais maths, et j'allais en cours, c'est tout. Je l'ai croisée, je lui ai souri, elle m'a rendu ce sourire en un éclair, mais elle avait l'oeil sombre et une amie à elle lui emboitait le pas en tentant tant bien que mal de rester à sa hauteur. 

Je ne sais pas si son amie savait quelque chose où non. 

Moi j'allais en maths ce jour là, c'est tout. Un 22 janvier, un mardi je crois bien. 

Mais bon, en maths, j'étais pas vraiment concentrée. Je m'adonnais à l'écriture d'un poème. Un poème vraiment noir, pour une fois. Pas très joyeux. Et puis j'étais rentrée chez moi. 

Le lendemain, ma meilleure amie m'avait dit qu'elle avait quelque chose d'important à me dire. Mais après le cours de musique. Que c'était vraiment important. Ca m'avait inquiété. Mais j'ai attendu sans lui poser de questions. Et elle nous l'a annoncé à moi et à d'autres filles qui avaient aussi Samantha comme proche amie, grande amie d'enfance. 

Samantha était la lumière. Elle était l'amie de tout le monde. Tout le monde l'appréciait. 

Et puis elle était passé à l'ombre sans que personne ne s'en rende compte. 

Ca me fait vraiment mal quand je me dis que j'ai vu son dernier regard, ce mardi 22 janvier. J'ai vu son dernier regard. Elle allait simplement accueillir la mort et l'accepter, comme une vieille amie. Elle y allait d'un pas tellement décidé que je sais que personne n'aurait rien pu faire. 

C'est ce que l'une de nos profs nous avait dit dans les jours qui suivirent. Cette prof, elle avait une opinion sur tout plein d'autres types de problèmes. Elle nous parlait de l'anorexie, elle nous parlait de la maladie, elle nous parlait de la souffrance. Pourtant, c'était une prof d'allemand. Elle nous avait dit, à propos de Samantha que, vous savez, quand une personne a vraiment envie de mourir, plus rien ne peut l'arrêter. 

Ca m'avait effrayée. Je n'ai pas pu en dormir pendant une longue période. J'étais dans la première période "noire" de ma vie. Je pense que je me suis perdue plus où moins à partir de ce jour. J'écris souvent à propos de Samantha. J'écris souvent un petit quelque chose à propos de cette période de ma vie. J'écris toujours comme si ces moments appartenaient à mon histoire. Mais c'est comme ça que je le vis. C'est comme ça que je l'ai vécu. C'est l'unique façon que j'ai pour en parler. Simplement raconter à la première personne. 

Mais Samantha, elle appartenait à la vie de plein d'autres personnes. Elle était la lumière pour sa mère, pour ses nombreuses amies d'enfance. Et puis ensuite, elle était devenue l'ombre pour moi, et pour d'autres de ses amies. Parce qu'on ne savait plus ce qu'elle devenait. Parce qu'on ne la croisait plus aussi souvent. Je ne suis pas curieuse au point de vouloir retracer les raisons de son suicide. Au départ, peut-être que je souhaitais le savoir. Aujourd'hui, non, c'est un secret qui est enfouis dans sa propre histoire. Samantha n'appartenait plus vraiment à ma vie et je n'ai aucun droit sur ce genre d'informations. J'ose espérer que sa décision aura vraiment été "la bonne". C'est horrible de dire ça, mais que dire d'autre ? La mort, quand on se la donne, c'est quelque chose qui doit être terriblement complexe à étudier. Ne plus avoir d'autre issue du tout, vous imaginez ? Vivre l'enfer sur terre, ou que sais-je. Ca doit être terrible. Ca doit être effrayant. Ou peut-être réconfortant ? Je ne sais pas. Elle a laissé un bon nombre de personnes derrière elle. Et je ne sais pas quoi en dire de plus. 

Mais elle aura vécu en étant la lumière de beaucoup de personnes, aussi. Elle aura été ma lumière à moi. Et elle continue de vivre dans les pensées de toutes les personnes qui l'ont un jour croisée. 

Ca fait tellement longtemps et je n'ai pourtant jamais autant écrit à propos d'elle. J'ai intégré un bout de son histoire à la mienne. Je me souviens surtout de tout ces moments de bonheur qu'on avait ensemble. Penser à elle dans les années qui ont suivi me fait un peu peur. Peut-être parce que j'ai l'impression qu'une force bien supérieure s'est emparée d'elle. Et ne l'a plus lâchée jusqu'à son dernier souffle. Peut-être que j'en ai peur. 

Y a plein de choses qui me font peur, comme ça. Toutes ces choses qui donnent l'impression de venir de quelque part d'inaccessible. De l'inconnu. Une force qui saisit les gens comme ça, tout d'un coup. Mais, aujourd'hui, j'deviens peu à peu quelqu'un qui se prédestine à aider les gens saisis par ce genre de force. Ce genre de force qui leur coupe le souffle à un moment donné. Et qui viennent nous voir ou qui se retrouvent chez nous pour qu'on fasse quelque chose à ce propos. C'est une énorme responsabilité et je m'en rend d'autant plus compte que j'ai l'impression d'avoir vécu l'envers du décor avec l'histoire de Samantha. Parce que le drame dans tout ça, c'est que je ne peux m'empêcher de m'imaginer la tournure des événements, une fois qu'elle a franchit le seuil de sa porte, en ce 22 janvier. C'est l'inconnu que je risque de rencontrer. Que je vais rencontrer, au courant de mes études médicales. C'est la face cachée de la lune, tout ce qu'on ne voit pas vraiment quand on est "civil". 
C'est ce qui risque d'hanter bon nombre de mes nuits. 

samedi 4 janvier 2014

Fin des terreurs nocturnes ?


En relisant certains passages de mon blog --je ne sais jamais si une chose en vaut vraiment le coup, et ceci étant également valable pour mes activités bloguesques, je me sens parfois dans le besoin de vérifier l'utilité des choses que je fais souvent, ce qui explique aussi pourquoi je réorganise si souvent ma chambre etc etc... j'aime bien ranger ma vie, ce qui ne signifie pas que j'aime la routine, mais plutôt que chaque chose qui se produit a besoin de trouver sa place dans ma vie et ne pas être fourrée dans un sac que je tire derrière moi...-- je me suis rendue compte d'une petite chose que j'avais plus ou moins oubliée au vu de l'état actuel des choses. 

Je me suis rendue compte que je ne faisais plus de cauchemars. Et que mon sommeil n'était même plus agité. Il était même plutôt lourd, maintenant, et très réparateur, je me sens revigorée chaque matin et me tirer de mon lit est devenu une tâche extrêmement difficile. 

Pourtant, il y a quelques semaines encore, je m'en plaignais, de ces nuits cauchemardesques, courtes, et terriblement épuisantes. Je ne m'en plaignais d'ailleurs pas seulement sur mon blog, mais également auprès de mes proches, surtout concernant le fait que mes cauchemars étaient particulièrement effrayants. Et puis parfois je dormais particulièrement mal et je n'avais aucun souvenir de ce qu'il s'était passé dans mon sommeil. Au point de penser que je n'avais pas dormi. Mais que ce soit dans un cas où dans l'autre, le même sentiment affligeant m'habitait au réveil. 

Je décrivais ça quand même de manière assez explicite, je disais que c'était même carrément flippant, du genre vivre du paranormal activity la nuit, ne plus du tout profiter de mon sommeil, et puis être en mode "choquée" toute la journée qui suivait. 

Je me souviens même avoir regardé sur le net comment faire pour dormir paisiblement parce que ça me dérangeait tellement que je n'osais plus vraiment aller dormir.

Une terreur nocturne est une parasomnie consistant en un trouble paroxystique et spectaculaire du sommeil survenant en début de nuit et en phase de sommeil lent profond. Le sujet a ensuite une amnésie complète de l'épisode. La terreur nocturne se rapproche du somnambulisme. Cependant, elle est très différente du cauchemar qui survient plutôt en fin de nuit, en phase de sommeil paradoxal et dont le sujet garde le souvenir.

J'avoue que je ne sais toujours pas si c'était un mélange de cauchemars et de terreurs nocturnes, ou si c'était juste le premier. Et puis j'ignore également pourquoi j'étais poursuivie par ces cauchemars durant toute cette période là. Je sais pas. 

Toujours est-il que c'est le calme après la tempête. Un calme récent, un peu sources de questionnements parce que je ne sais pas non plus d'où me vient ce soudain bien-être, tout est subconscient, n'est-ce pas. Mais un calme agréable ; je pense que je n'ai jamais autant apprécié dormir dans mon lit.